Marc Vidal revint à Bellecombe plusieurs années après le prêt des Jardins d'Azur.
Il avait vendu une partie de son entreprise et semblait plus riche mais moins pressé.
« Marianne m'a dit de venir voir. »
« Elle donne des ordres maintenant ? »
« Elle a toujours donné des ordres. Nous étions juste lents à comprendre. »
Ils visitèrent l'atelier.
Marc s'arrêta devant un mur où l'on avait accroché les objets importants : le premier panier maladroit d'Étienne, une pièce de René, les premiers dessins de Julien, une lanterne de Théo, des photos d'Yvette avec des apprentis.
« Tu pourrais multiplier ça partout en France », dit Marc.
Laurent sentit l'ancienne tentation.
« Je sais. »
« Mais tu ne veux pas ? »
« Pas de la manière que tu imagines. »
Marc sourit.
« Je t'ai prêté de l'argent parce que je croyais que tu avais appris la prudence. Je n'avais pas compris que tu apprendrais aussi à ne plus avoir faim de tout. »
« J'ai encore faim. »
« De quoi ? »
Laurent regarda Hugo aider Étienne à décharger des cartons.
« De continuité. »
Le mot lui aurait paru ridicule vingt ans plus tôt.
Il lui semblait désormais très précis.
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