Ce Que La Saone Noublie Pas
Lire le chapitre 14: — LE CONSEIL DE FAMILLE
Henri réunit tout le monde un dimanche.
Il expliqua qu'il garderait avec Marianne de quoi se reloger et financer l'association. Le reste serait partagé entre Thomas, Claire et Julien, avec un supplément pour Thomas à cause des frais de Maxime.
Sophie se raidit.
« Vous allez mettre autant d'argent dans une école gratuite ? »
« Oui. »
« Mais personne ne paiera pour apprendre le Guignol ! »
« C'est le principe du gratuit, Sophie. »
« Et Claire reçoit autant ? Elle a été mariée, elle vivait à Paris. »
Henri tapa la table.
« C'est ma fille. »
Sophie se tourna vers Julien.
« Et puisqu'on parle d'égalité, est-ce qu'on doit aussi faire semblant de ne pas savoir que Julien n'est pas— »
Thomas l'arrêta.
Trop tard.
Julien fixa son père.
« Pas quoi ? »
Henri se leva.
« Ça suffit. »
Le soir, après le départ des enfants, Henri raconta enfin à Marianne ce qu'ils savaient tous les deux depuis vingt-neuf ans et redoutaient de devoir expliquer.
Julien avait été adopté.
Son père biologique, René, travaillait avec Henri dans un atelier industriel. Un jour, Henri lui avait demandé d'échanger un service pour pouvoir participer à une répétition. Un accident avait tué René. Sa compagne, enceinte, avait accouché prématurément puis abandonné l'enfant sous la pression de sa famille.
Henri et Marianne l'avaient accueilli.
Henri portait depuis une culpabilité impossible.
« Si je n'avais pas demandé cet échange… »
« Tu ne peux pas refaire la journée », dit Marianne.
« Je peux au moins avoir élevé son fils. »
« Tu ne l'as pas élevé pour payer une dette. »
Henri regarda vers la chambre vide.
« Non. Après quelques jours, ce n'était déjà plus une dette. »
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