Le CHU ouvrit des unités temporaires. Les opérations non urgentes furent suspendues. Des hôtels accueillirent des soignants qui ne pouvaient plus rentrer chez des proches fragiles.
Camille et son équipe appelèrent désormais certaines personnes tous les jours.
Monsieur Garnier, qui avait autrefois refusé des courses, téléphona au centre pour proposer son aide.
— Je ne peux pas aller très loin. Mais je peux répondre au téléphone.
Camille sourit.
— Vous voyez ? C’est comme ça que ça commence.
— Quoi ?
— Rien. Une vieille blague avec mon mari.
Le soir même, le premier cas positif fut annoncé dans La Ligne de Belrive.
Théo.
Fièvre élevée. Perte d’odorat. Test positif.
Le groupe resta silencieux plusieurs minutes.
Puis les messages affluèrent : repas, médicaments, remplacement de ses trajets, appels à ses parents, plaisanteries de plus ou moins bon goût.
Théo finit par écrire :
ARRÊTEZ D’ÊTRE GENTILS. C’EST INSUPPORTABLE.
Julien rit.
Puis il s’assit sur le bord du lit et pleura.
Camille s’installa à côté de lui.
Ils ne firent pas semblant de croire que leurs larmes étaient seulement pour Théo.
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