Apres La Chute
Lire le chapitre 4: — TOULOUSE
Le train vers Toulouse fut assez long pour que Laurent revisite vingt-cinq ans de mariage.
Il avait rencontré Marianne pendant son service militaire. Elle travaillait l'été dans l'exploitation agricole de ses parents. Elle riait facilement et chantait faux. Il était tombé amoureux de cette liberté.
Elle l'avait suivi à Nantes malgré les réticences de sa famille. Ils avaient nettoyé des bureaux, travaillé de nuit, tenu un petit restaurant, économisé, acheté leur premier appartement.
Puis Laurent avait découvert l'immobilier.
Une rénovation, puis deux. Un petit immeuble. Une société. Des investisseurs. Les Jardins d'Azur.
Il s'était raconté qu'il travaillait pour les siens.
Dans le train, il admit qu'il travaillait aussi pour l'ivresse de gagner.
À Toulouse, Marianne était devant son studio de vente en ligne avec un homme brun qui portait des cartons.
« Laurent, voici Marc Vidal. »
Marc dirigeait une PME de distribution alimentaire et de logistique régionale.
La jalousie fit perdre à Laurent plusieurs années de progrès en quelques secondes.
« Partenaire commercial ? Seulement commercial ? »
Marianne ferma les yeux.
« Cinq minutes. Tu as tenu cinq minutes. »
Les deux hommes se provoquèrent. Une bousculade devint un coup. Marc frappa Laurent. Laurent répondit.
Le père de Marianne les sépara.
« Si tu veux voir ton fils, commence par te comporter comme un homme qu'un enfant n'a pas honte de regarder. »
Laurent se calma.
Le soir même, il signa la convention de séparation.
Marianne ajouta une clause : si sa situation se stabilisait, ils réévalueraient ensemble l'organisation autour d'Hugo en fonction de l'âge et des souhaits de l'enfant.
Ce n'était pas une promesse de retour.
C'était mieux : la reconnaissance qu'il resterait père.