Ce Que La Saone Noublie Pas
Lire le chapitre 17: — APRÈS L'ACCIDENT
L'accident de Julien fit ce qu'aucun débat n'avait réussi à faire : il rendit l'argent temporairement ridicule.
Thomas passa toutes ses soirées à l'hôpital. Sophie s'excusa d'avoir parlé. Pas avec élégance, mais sincèrement. Maxime, leur fils, prit la défense de son oncle avec une colère qui surprit ses parents.
Henri ne changea pas son projet de partage.
La maison fut vendue.
Le jour de la signature, il parcourut chaque pièce en silence. Dans la cour, il posa une main sur le mur près de l'ancien castelet où il avait fait jouer Claire enfant.
« Tu regrettes ? » demanda-t-elle.
« Évidemment. »
« On peut encore renoncer. »
Henri secoua la tête.
« Le regret ne prouve pas qu'on s'est trompé. Il prouve parfois qu'on a choisi entre deux choses qu'on aimait. »
Claire retint la phrase.
La famille s'installa provisoirement dans des appartements proches pendant le chantier.
L'association d'Henri ouvrit quelques semaines plus tard dans une ancienne boutique reconvertie près de la Croix-Rousse. Il y avait un petit castelet, une réserve de marionnettes, une salle pour les ateliers et une table de cuisine où Marianne préparait du café pour tout le monde.
Les cours étaient gratuits.
« Tu vas perdre de l'argent », répétait Thomas.
« Peut-être. »
« Et ça ne t'inquiète pas ? »
« J'ai travaillé cinquante ans. J'ai le droit de choisir une chose qui ne sert pas à m'enrichir. »
Claire venait aider après ses services à l'hôtel.
Elle s'aperçut qu'elle aimait profondément ce lieu.
Un soir, Marc la trouva en train de ranger des marionnettes.
« Tu as une tête différente ici. »
« Quelle tête ? »
« Celle de quelqu'un qui n'attend pas la fin de sa journée. »
Claire resta silencieuse.
Il avait raison.
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