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Le Codex Mortel

Lire le chapitre 7: The Wound Reopens

La cathédrale Christ Church était trop vaste pour un cercueil si léger. Eliza se tenait au dernier rang, parmi les ombres sculptées de la nef, et regardait les rayons de lumière filtrer à travers les vitraux pour tomber sur le chêne pâle où reposait Marcus Hale. Le cercueil semblait vide. C'était une pensée qu'elle ne parvenait pas à chasser.

La veuve, Eleanor Hale, était assise seule au premier banc, vêtue de noir simple, droite comme un soldat en sentinelle. Elle n'avait pas pleuré — pas encore. Ses doigts, blanchis à force de serrer, tenaient un mouchoir qu'elle ne portait pas à ses yeux. Eliza la regardait, fascinée par cette dignité en état de siège.

Julian Ashworth se tenait à l'écart, près du pilier nord, dans un costume sombre impeccable. Il n'avait pas salué Eliza à son entrée. Il n'avait salué personne. Il regardait Eleanor avec une intensité qui n'avait rien de funèbre. Quelque chose dans sa posture, les épaules légèrement en avant, la mâchoire contractée — un homme qui s'empêchait de traverser la nef.

Il la connaissait, Eliza en fut soudain certaine. Pas de la manière superficielle dont les membres de l'Archai se connaissaient tous, par initiations et banquets annuels. Julian connaissait Eleanor Hale. Il la connaissait d'une manière qui rendait sa mâchoire rigide.

L'aumônier parlait de la vie de Marcus, un homme qui, comme tous les morts exaltés, avait été transformé en constellation de vertus. Eliza n'écoutait pas. Elle observait.

À la sortie, la pluie avait commencé — une bruine fine, collante, typiquement oxonienne. Les membres du cercle restreint se regroupèrent sous le portique de la cathédrale, parlant à voix basse. Eliza reconnut plusieurs visages de la salle souterraine. Whitmore n'était pas présent — absent, officiellement, pour une affaire personnelle. Elle savait qu'il était à Londres, à préparer la consultation de Bonhams pour demain.

Sa consultation. Celle qu'elle avait promise de servir.

— Vous êtes l'étudiante de Whitmore.

La voix était derrière elle, et Eliza se retourna pour trouver Eleanor Hale, qui l'avait rejointe sans bruit sous le portique. Elle était plus petite que dans la nef, et ses yeux étaient d'un brun si foncé qu'ils semblaient noirs.

— Dr Eliza Hart. J'étudie — j'étudiais avec Marcus. En quelque sorte.

— Vous voulez dire que vous enquêtiez sur lui.

Eliza ouvrit la bouche, puis la referma. Eleanor ne souriait pas, mais il y avait une ironie sèche dans sa voix qui désarmait.

— Il m'a écrit sur vous. Il parlait rarement des personnes par leur nom, mais il vous a mentionnée. « La fille Carlisle », disait-il.

Le nom — ce nom — frappa Eliza avec une force physique.

— Je ne m'appelle pas...

— Peu importe comment vous vous appelez. Ce qui compte, c'est ce que vous cherchez. Eleanor sortit quelque chose de sous son manteau — une enveloppe blanche, épaisse, avec un sceau de cire sur lequel Eliza reconnut le hibou de l'Archai. — Il l'a laissée chez moi. Deux jours avant sa mort. Il m'a dit de ne l'ouvrir sous aucun prétexte. C'est pour vous.

Eliza prit l'enveloppe. Elle était lourde — des pages, plusieurs pages. Le sceau semblait récent.

— Pourquoi moi ?

— Parce que vous étiez la seule personne qu'il pensait pouvoir lui survivre. Eleanor détourna le regard, et pour la première fois, sa voix trembla. — Il ne se faisait pas d'illusions sur les risques. Il en a toujours fait trop. C'était sa nature. Il croyait que la vérité était une forteresse, pas un piège.

— Madame Hale... les policiers parlent d'un suicide.

— Les policiers n'ont pas vu son bureau après que vous en êtes partie. Les policiers n'ont pas vu le désordre qu'on a fait disparaître avant leur arrivée.

Eliza regarda Eleanor, surprise par cette précision. Comment pouvait-elle savoir qu'Eliza avait été dans les appartements de Marcus ? Personne n'était censé — mais Eleanor savait. La veuve avait ses propres sources.

— Qui a nettoyé ?

Eleanor ne répondit pas. Elle regardait quelque chose par-dessus l'épaule d'Eliza, et Eliza se retourna pour suivre son regard. Julian se tenait à la limite du portique, seul, parlant au vide — enfin non, pas au vide. Un homme en blazer gris, qu'Eliza ne reconnut pas, se tenait près de lui. Ils parlaient à voix basse. L'homme tenait une serviette en cuir.

— Lui, dit Eleanor, très bas. Il est déjà à l'œuvre.

— Je croyais que Julian et Marcus étaient ennemis.

— Ils étaient amis. Avant. Avant le manuscrit. Avant tout cela. Eleanor baissa la voix davantage, et sa main trouva le bras d'Eliza. — Écoutez-moi. Marcus m'a dit une chose, une seule, qu'il m'a fait répéter jusqu'à ce que je la sache par cœur : « Si je disparais, cherche la page 141. » C'est tout. Il n'a pas expliqué. Il a dit que vous comprendriez.

Une pluie plus fine commença à tomber, et Eleanor la lâcha, reculant vers l'intérieur de la cathédrale. Eliza la regarda disparaître dans la pénombre, puis baissa les yeux vers l'enveloppe dans ses mains.

Dans sa chambre de collège, Eliza rompit le sceau avec un couteau à lettres. Le hibou se fendit proprement, et des pages ressortirent — une photocopie de manuscrit, l'écriture dense et serrée de Marcus reconnaissable entre mille.

Ce n'était pas une lettre. C'était un procès-verbal. Et au fur et à mesure qu'Eliza lisait, la température de sa chambre sembla chuter.

Marcus avait consigné, avec une méticulosité d'érudit, la chronologie complète de sa chute au sein de l'Archai. Comment, au printemps dernier, il avait découvert un exemplaire annoté du Codex original — pas la version officielle, mais une copie antérieure, reliée en peau, conservée dans une archive privée qu'il avait accès en tant que président sortant. Les annotations étaient d'Edmund Carlisle.

« Il a écrit dans les marges », lisait Eliza, la voix d'elle-même intérieure étrangement calme. « Des comptes. Des dettes. Sa dette envers eux. Ils l'ont utilisé comme instrument pour découvrir des secrets, puis le jetteront dans l'oubli pour le garder. C'est ce qu'ils font. C'est ce qu'ils m'ont fait. »

La dernière page n'était pas une transcription, mais une note manuscrite rapide, datée trois jours avant sa mort :

« Le hibou est revenu. Julian a dit non. Mais le hibou est revenu, et ce n'est pas Julian qui l'a rendu. Quelqu'un dans la salle l'a pris avant que je sois chassé — quelqu'un qui ne voulait pas que je parte sans une arme. Ou quelqu'un qui voulait que j'aie l'air coupable. Tom savait quelque chose. Tom pouvait les ruiner. Et il a été effacé. Maintenant je les tiens. La question est de savoir qui me tient. »

Eliza relut cette dernière phrase trois fois. Puis, sans raison — à cause de l'enveloppe, de son poids — elle la retourna. Il n'y avait rien à l'intérieur.

Mais sous les pages, presque invisible contre le papier, elle trouva le coin d'un second document — plus fin, plus ancien, une feuille unique pliée en quatre. Elle la déplia. La feuille était un registre de prêt de la bibliothèque du collège, datant de 1997. En tête, soigneusement tapé à la machine : « Prêté le 12 mars — Cumer — Salle de lecture supérieure, volume : De Defensione antiquitatis, codex. »

La signature en bas de page était une écriture qu'Eliza connaissait. Elle l'avait vue sur des documents de famille, sur la lettre qu'elle avait brûlée. « E. Carlisle. »

Et en dessous, signé en qualité de conservateur : « W. Whitmore ».

Whitmore avait catalogué le prêt de son père. Whitmore avait été là au début, bien avant que la société ne le détruise.

Il était dans le fonctionnement même de la machine. Il était la machine.

La pluie faiblit à la fenêtre. Eliza resta immobile, tenant la feuille sans la voir, le battement de son cœur comme un tambour préhistorique. Puis elle prit son téléphone, ouvrit le message que Julian lui avait envoyé la veille — toujours non lu, toujours susceptible de la conduire près du port des Cherwell. Elle le laissa non lu.

Elle mit la feuille dans le tiroir entre les pages d'un livre de Properce, l'enveloppe de Marcus dans un dossier étiqueté « travaux », et les deux dans son sac. Elle avait une consultation à Bonhams demain. Whitmore l'attendrait avec son édition du Satyricon et avec l'innocence d'un homme qui ne savait pas ce qu'elle savait.

Elle allait le surprendre, alors.