La Ligne de Belrive dépassa bientôt quatre-vingts chauffeurs.
Un professeur d’arts plastiques dessina un logo : un pont stylisé au centre d’un volant. Camille imprima des dizaines d’exemplaires chez elle. Les chauffeurs les posèrent derrière le pare-brise.
Avec la visibilité arrivèrent les dons, puis les problèmes.
Des candidats voulurent rejoindre le groupe sans assurance adaptée. Un homme proposa des « tarifs bénévoles réduits ». Marc le refusa immédiatement.
Un chauffeur publia sur les réseaux sociaux la photo d’une infirmière épuisée sans lui demander son accord.
Julien lui demanda de la supprimer.
— On ne transforme pas les soignants en décor de nos bonnes actions.
Le chauffeur s’excusa.
Le réseau écrivit ses règles : vérifier les demandes, respecter la vie privée, ne jamais entrer chez les passagers, refuser l’argent, signaler les expositions, prendre des jours de repos.
La dernière règle était la moins respectée.
Un matin, Marc appela Julien.
— Tu ne roules pas aujourd’hui.
— Pardon ?
— Tes yeux sont rouges depuis trois jours. Tu dors.
— Ce n’est pas toi qui décides.
— Si, aujourd’hui.
Julien protesta encore cinq minutes.
Puis il dormit neuf heures.
Continuer gratuitement
Débloquer ce chapitre
Regardez une courte publicité pour débloquer ce chapitre.