Certains magasins augmentèrent leurs prix. Des remèdes absurdes circulèrent en ligne. Un propriétaire menaça une infirmière de résilier son bail parce que ses voisins avaient peur qu’elle « ramène la maladie ».
Un homme insulta un bénévole qui refusait de lui donner une seconde livraison réservée à une personne âgée.
Julien rentra furieux.
Henri l’écouta au téléphone.
— Une crise ne rend pas tout le monde meilleur, dit-il. Elle agrandit ce qui existe déjà. La générosité devient plus visible. L’égoïsme aussi.
— C’est déprimant.
— Seulement si vous comptez les égoïstes et pas tous ceux qui portent des cartons.
Julien regarda Camille endormie à la table, la tête sur une liste de médicaments.
Il pensa à Lucas, à Thomas, à Élodie, à Marc, à Théo, au pharmacien qui avait donné des gants, au boulanger qui déposait du pain devant le centre social.
— D’accord, dit-il. Vous marquez un point.
— J’en marque souvent.
— C’est la chimiothérapie qui vous rend prétentieux ?
— Non. L’âge. La chimiothérapie, elle, me rend surtout malade.
Ils rirent tous les deux.
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