Mufeng avait longtemps cru que l'héritage était ce qu'on recevait : argent, maison, nom, talent, dette.
Il comprit qu'il pouvait être aussi ce qu'on refusait de garder pour soi.
Cimo Hall fut ouvert au public sur réservation. Des étudiants y étudièrent la calligraphie. Des restaurateurs y travaillèrent. Des enfants qui n'auraient jamais franchi la porte d'une demeure privée apprirent à reconnaître la différence entre une reproduction et un trait vivant.
Le professeur Zhou donna plusieurs carnets à la collection, sauf celui où apparaissait le peigne.
Mufeng ne le lui demanda pas.
Hua créa, au nom du fondateur de Huashi, un fonds pour la conservation de l'artisanat du bois et la formation de jeunes designers.
Jiazhen suivit son traitement aux États-Unis. Son état connut des hauts et des bas, mais il cessa d'être uniquement « le fils malade » dans les conversations familiales. Il développa à distance un projet de recherche sur les matériaux durables.
Mufeng et lui s'écrivaient parfois.
Jamais ils n'utilisaient le mot frère.
Ils n'en avaient pas besoin.
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