Quand La Ville Retint Son Souffle
Lire le chapitre 18: — LE RETOUR D’ISABELLE
Isabelle Delmas entra dans Lyon avec une colonne de véhicules sanitaires militaires.
La ville silencieuse lui parut étrangère. Les rues centrales étaient presque vides. Les hôtels logeaient des soignants. Les restaurants cuisinaient pour les hôpitaux. Des affiches aux fenêtres remerciaient les personnels essentiels.
Son équipe fut affectée à une unité respiratoire renforcée près de Saint-Joseph.
Marc la retrouva sur un parking.
Ils restèrent à distance.
« Tu as mauvaise mine », dit Isabelle.
« Toi aussi. »
« J’ai traversé la moitié du pays pour cette déclaration romantique. »
Il sourit.
Puis elle se mit à pleurer.
Marc fit un pas avant de se souvenir qu’ils n’avaient pas le droit de se prendre dans les bras.
Isabelle vit son mouvement interrompu.
La distance entre eux devint insupportable.
« Je n’étais pas là pour papa. »
« Je sais. »
« Je n’étais pas là pour toi non plus. »
« Tu es là maintenant. »
Elle secoua la tête.
« C’est notre phrase depuis vingt ans. On arrive toujours plus tard. »
Marc ne répondit pas.
« Quand tout ça sera fini, je ne veux plus vivre ailleurs. »
Il la regarda.
« Je ne sais pas encore comment. Mutation, enseignement, urgences ici, réserves… mais j’en ai assez d’être ta femme sur un calendrier partagé. »
Les yeux de Marc se remplirent.
« J’allais te demander la même chose. »
« Menteur. »
« Oui. »
Ils posèrent chacun une main sur leur propre cœur.
À six mètres l’un de l’autre, ce fut leur étreinte.
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