Quand La Ville Retint Son Souffle
Lire le chapitre 24: — LA NUIT DE L’OXYGÈNE
La pire nuit arriva en février.
Une vague de froid traversa la région tandis que la consommation d’oxygène du CHU atteignait un niveau que personne n’avait imaginé lors de la conception du réseau.
Des alarmes techniques se déclenchèrent.
Les hauts débits, les ventilateurs, les dispositifs non invasifs tiraient tous sur la même installation.
La pression baissait.
Pendant trois heures, Saint-Augustin ne géra plus seulement des malades, mais un système entier au bord de la rupture.
Marc coordonna avec les ingénieurs biomédicaux et les services techniques. Isabelle, détachée temporairement au CHU, vérifia les patients pouvant supporter une adaptation de leur dispositif. Claire et Julien, désormais revenu après contrôle négatif, passèrent lit par lit.
Qui pouvait descendre légèrement en débit ?
Qui ne le pouvait absolument pas ?
Combien de bouteilles pleines restaient-elles ?
Quel service pouvait accepter un transfert ?
Quels appareils disposaient d’une alimentation indépendante ?
Personne ne prononça de discours héroïque.
Ils firent des listes.
Un camion transportant des bouteilles d’oxygène d’urgence arriva peu avant minuit, escorté par la gendarmerie.
La crise passa sans effondrement majeur.
Plus tard, Claire s’assit par terre contre un mur.
Julien se laissa glisser à côté d’elle.
« Tu sais ce qui me frappe ? » demanda-t-elle.
« Non. »
« Plus tard, les gens raconteront cette période avec des médecins et des infirmiers. Cette nuit, on a surtout été sauvés par un ingénieur biomédical, deux agents techniques et trois chauffeurs. »
Julien hocha la tête.
« Alors retiens leurs noms. »
Elle les retint.
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