Quand La Ville Retint Son Souffle
Lire le chapitre 28: — L’AUTRE CÔTÉ DE LA PORTE
Lorsque les déplacements redevinrent possibles, Julien emmena Claire à Paris.
Ils retournèrent dans l’ancienne résidence universitaire où ils s’étaient connus en 2003.
Le bâtiment avait été rénové. Les serrures étaient électroniques. Le vieux tapis avait disparu. L’appartement d’Étienne appartenait désormais à un autre enseignant.
Ils s’assirent dans l’escalier.
« C’est décevant », dit Julien.
« Tu attendais quoi ? »
« Une plaque commémorative. »
Claire éclata de rire.
« Pour services rendus à l’équilibre émotionnel d’une adolescente confinée ? »
« Exactement. »
Julien lui prit la main.
« Tu n’as jamais ouvert la porte. »
« C’était les consignes. »
« Tu regardais par le judas. »
Elle se tourna vers lui.
« Tu le savais ? »
« Tu cognais parfois ton front contre la porte. »
Claire se cacha le visage.
« Dix-sept ans de dignité détruits. »
Julien sourit.
Puis il devint sérieux.
« J’ai longtemps cru qu’on avait vécu une grande tragédie romantique. Peut-être que c’était plus simple. »
« Comment ça ? »
« On était jeunes. On s’aimait. On était mauvais pour gérer la peur. »
Claire posa la tête sur son épaule.
« Et maintenant ? »
« On est plus vieux. On s’aime. On est probablement toujours mauvais pour gérer la peur. »
« Très rassurant. »
« Mais on peut parler avant de fuir. »
Elle serra sa main.
« Oui. »
Il l’embrassa dans le même escalier où, autrefois, une porte fermée avait été leur manière la plus sûre d’être proches.
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