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La Garde de Nuit du British Museum

Lire le chapitre 7: Tunnels Below

La clé tourna dans la serrure avec un claquement sec qui résonna dans le silence. Eamon poussa la porte métallique — elle n'était pas verrouillée, juste fermée. Le néon du palier supérieur découpa sa silhouette un instant avant que la porte ne se referme derrière lui, avalant toute lumière.

Il cligna des yeux. Noir total. Sa main tâtonna le mur et trouva un interrupteur. Un crachotement électrique, puis des tubes fluorescents s'allumèrent un à un dans un long couloir qui plongeait sous le musée. Les murs étaient en briques anciennes, suintantes d'humidité, couvertes d'une moisissure grisâtre. Des tuyaux couraient au plafond, certains si vieux qu'ils étaient en plomb.

L'air sentait la poussière et quelque chose de minéral, comme de la pierre broyée.

Eamon sortit son portable — pas de réseau. Pas de service. Il compta les pas : quarante, puis un coude. Encore quarante. Une porte en chêne clouté, incurvée comme une porte de crypte, portait une plaque de laiton gravée : ARCHIVES — ACCÈS RESTREINT.

La clé de Maggie entra parfaitement.

La pièce était petite, voûtée, faite d'une seule pièce de pierre. Des rayonnages métalliques couraient le long des murs, pliant sous des cartons d'archives, des registres à dos de cuir et des dossiers suspendus. Au centre, un bureau en acajou massif, ouvert, recouvert d'une couche de poussière uniforme. Personne n'était venu ici depuis des années.

Sur le bureau, un classeur ouvert. Des étiquettes manuscrites à l'encre délavée : OBJETS ANOMAUX — DOSSIERS PAR SITE. Eamon tira une chaise, souffla la poussière de ses mains et commença à feuilleter.

Certains dossiers concernaient des objets banals : des amulettes, des poteries, des fragments de fresque. D'autres étaient annotés avec des symboles qu'il ne reconnaissait pas — des triangles entrelacés, des spirales, un œil. Chaque page notait la date d'entrée au musée, l'origine de l'objet, puis des observations de plus en plus délirantes : « les racines bougent », « les inscriptions changent quand je les regarde », « je l'ai entendu chanter dans le dortoir ».

Au milieu du dossier, une chemise cartonnée. Nom : WAINWRIGHT, EDWARD THOMAS. Poste : Agent de sécurité, service de nuit. Dates : 1823-1883. Une photo sépia était agrafée en haut — un homme aux yeux enfoncés, au col montant, la moustache tombante. Au dos, une annotation : « Décédé en service. Cause : suicide. »

Eamon ralentit. 1883. Il fit le calcul : quarante-deux ans de service de nuit.

Il tourna les pages. L'écriture du gardien était nette mais devenait plus irrégulière, plus spasmodique au fil des années.

D'abord des notes pratiques : rondes, incidents, objets déplacés. Puis des préoccupations plus étranges. « Cette nuit, le buste de Néfertiti a tourné la tête. Je l'ai remis en place. On l'a regardé faire. Personne ne bouge. Puis je me suis souvenu que la salle Egyptienne est fermée le mardi. »

Ensuite, des réflexions plus longues, presque obsessionnelles.

« Le Codex ouvre la porte. Mais ce n'est pas lui qui garde la porte. Le véritable objet n'est pas ce qu'on croit. Chaque cycle, il change de forme. Il choisit un nouveau réceptacle. Les conservateurs cataloguent ; ils ne comprennent pas. On peut le garder derrière une vitre, on ne le gardera jamais. Il attend dans la pierre, dans l'os, dans le métal. Il suffit qu'une main le tienne au bon moment. »

Eamon tourna la page. En bas, une date : 23 mars 1877.

« Deux cents ans. Ils reviennent à chaque fois. Avant moi, c'était un homme du nom de Thorne. Il a empêché la catastrophe en sacrifiant son bras gauche — je l'ai vu dans les rapports, mutilation, hôpital. Mais il n'a jamais dit pourquoi. Je le sais, maintenant. Il a offert ce qu'il possédait pour nourrir la pierre. Et elle l'a laissé vivre. »

Eamon baissa le dossier un instant, le cœur battant. Deux cents ans. Le chiffre correspondait aux notes qu'il avait survolées plus tôt — Wainwright mentionnait des cycles.

Il continua.

« Le gardien ne choisit pas ses armes. Il choisit son objet. Ce soir, j'ai trouvé une lame courbe dans le sous-sol — pas un objet catalogué. Je l'ai touchée. Je l'ai vue distinctement. Elle me connaît. Je sais ce qu'elle veut. »

La dernière page du dossier était pliée. Eamon la déplia. Une encre plus récente, bleu-noir, presque vibrante — un dessin précis, tracé à la plume. Un croissant de métal sombre, une lame incurvée, un manche orné de motifs tourbillonnants. En dessous, une écriture plus petite, tendue :

« Ce n'est pas le Codex. Le Codex est la clé. Mais la serrure a quatre portes, et chaque porte demande un objet différent. La lame pour la porte du sud. Le masque pour l'ouest. La coupe pour l'est. Et pour le nord — l'os. Son os. »

Eamon tourna la page.

Elle était vide. Mais au verso, une inscription avait été gravée dans le carton, non écrite — comme grattée avec un ongle :

« S'il lit ceci, c'est que les portes sont déjà ouvertes. Il verra les statues bouger. Il entendra les voix. Il croira qu'il est seul. Il ne l'est pas. L'ombre dans la pierre n'a pas de nom, mais elle l'attend. »

Le dossier se terminait là. Eamon le posa, la bouche sèche.

Il y avait autre chose dans la chemise. Une carte, quadrillée à la main, du musée entier — mais avec des couloirs, des salles et des niveaux qu'il ne connaissait pas. Des annotations en marge : des noms comme « salle de réveil », « sanctuaire de l'ouest », « pierre de l'ombre ». Et au centre, marqué d'une croix rouge : un point dans le sous-sol, légèrement au nord-est de là où il se trouvait maintenant.

"Crypte," lut-il à voix haute.

Puis le sol trembla légèrement — un frémissement, pas plus. Sur le bureau, une tasse en émail émit un bourdonnement de tintement. Les lumières vacillèrent. Puis, du plafond, une voix étouffée lui parvint : non pas humaine, mais une réverbération grave, tellement grave qu'elle semblait venir de la pierre elle-même.

Suivi d'un bruit sourd et humide, comme une porte qui s'ouvre sur quelque chose d'épais.

Eamon replia la carte, l'enfouit dans sa poche, rangea le dossier sur le bureau et se retourna vers la paroi du fond de la crypte.

Il l'avait manquée plus tôt : une porte en fer, rongée par la rouille, haute d'un mètre quatre-vingt, munie d'une lourde serrure à molette, comme un sas de navire. Pas de poignée, pas de panneau, pas de date. Maggie n'avait pas mentionné cette porte. Personne ne l'avait mentionnée.

Mais la clé dans sa poche était encore chaude de la serrure qu'elle venait d'ouvrir. Eamon l'en sortit.

Elle ne correspondait à rien dans cette pièce.

Le silence du sous-sol se fit attentif. Puis de derrière la porte, une voix — la même voix qu'il avait entendue dans la radio morte, la voix qui l'avait appelé dans la salle du Codex — murmura distinctement, en anglais, avec un accent vertigineux :

« Je t'attendais, soldat. Ouvre. »

La lueur d'une ampoule révéla une rainure dans le chambranle de la porte, une serrure en forme de croissant.

La carte indiquait la crypte au nord-est. Danny avait tourné le dos à Londres, vers l'est. Il avait retrouvé des restes tirés de la Tamise.

Eamon fit un pas. La lame en croissant dessinée sur le dossier le brûlait presque à travers le papier de la poche. « Son os » ? Ou celui de Danny ?

Il mit la main sur la roue de la porte de fer.

Elle n'était pas rouillée du tout. Elle tourna dans sa main, nette, comme si elle était entretenue.

Il ouvrit.

L'obscurité qui s'ensuivit était totale, et depuis cette obscurité montait quelque chose qui tenait à la fois du souffle et de l'inspiration — quelque chose qui marchait.