La Lame Sans Egale
Lire le chapitre 8: — LE CHANTIER NAVAL
Sur une carte des canaux, Lin repéra un ancien chantier naval à quelques centaines de mètres du nouveau sanctuaire du dieu du fleuve.
Abandonné, disait-on.
La nuit venue, il était pourtant gardé.
Tang et Xiaoxi entrèrent pendant que Lin détournait les sentinelles.
À l’intérieur, des milliers de sacs de grain impérial étaient empilés sous des bâches.
Un second registre permettait de relier les cargaisons « perdues » aux prétendus naufrages.
Le mécanisme devint clair.
Les complices de Li Sheng retiraient le grain avant les naufrages, sabotaient les coques, déclaraient les cargaisons perdues puis vendaient une partie du grain aux fidèles comme « don béni du dieu du fleuve », dix fois son prix normal.
La superstition n’était pas la cause de l’escroquerie.
Elle était son service commercial.
Dans un bâtiment voisin, Lin surprit une conversation.
Li Sheng parlait avec un homme au visage barré d’une longue cicatrice.
Yagyū Ichirō.
Dix ans plus tôt, la flèche de Lin lui avait presque ouvert le crâne.
Le pirate était revenu.
Li Sheng lui proposait une dernière opération : après la cérémonie du lendemain, un navire chargé de présents impériaux quitterait Zhenjiang. À marée haute, les pirates pourraient entrer, piller le port, prendre le navire et disparaître.
« Et le Jinyiwei arrivé de Pékin ? » demanda Yagyū.
Li Sheng sourit.
« Je l’ai acheté. »
Dans l’entrepôt, Tang et Xiaoxi furent découverts.
Ils s’échappèrent avec le registre, mais Tang perdit sa fausse plaque et son faux sabre.
Li Sheng les ramassa.
Il mordit la plaque.
Puis il sourit.