La Ligne Au Dela Des Dunes
Lire le chapitre 3: — LE TONNERRE
Ils marchèrent moins de deux kilomètres.
Sous la chaleur, cela suffit à leur donner l’impression d’avoir traversé un continent.
Ils atteignirent la route, attendirent, furent finalement pris en charge par un conducteur local qui accepta de les entasser dans son véhicule.
Quand ils arrivèrent au camp, le soleil descendait.
La première chose que Julien entendit fut un homme qui criait.
— Dix kilomètres repris trois fois et encore dégradés ! Vous voulez qu’on recommence jusqu’à la retraite ?
L’homme était grand, massif, la cinquantaine avancée. Il tenait un casque de chantier dans une main et un dossier dans l’autre.
— Marc Delcourt, souffla Youssef. Directeur de projet.
Marc se retourna vers les nouveaux venus.
— Vous êtes les renforts ?
Julien se présenta.
— Vous deviez arriver il y a trois heures.
— Notre voiture s’est retournée dans le désert.
— Toujours une excuse.
La fatigue de Julien prit le dessus sur la diplomatie.
— Si je cherchais une excuse pour ne pas venir, monsieur Delcourt, je serais resté à Lyon. On a marché jusqu’à la route et attendu qu’une voiture nous prenne. Nous sommes venus directement ici.
Un silence tomba.
Hugo ouvrit de grands yeux.
Marc fixa Julien, puis regarda Camille.
Son visage changea une fraction de seconde.
— Vous n’avez rien ? demanda-t-il.
— Rien de sérieux, répondit Julien.
— Alors travaillez.
Il se détourna.
Hugo murmura :
— C’est toujours comme ça ?
Camille répondit sans émotion :
— Souvent pire.
Julien se demanda comment elle pouvait le savoir aussi précisément.