La Part du Signaleur
Lire le chapitre 29: Confrontation at the Vault
Le sol trembla sous ses pieds. Un déclic métallique, puis un grincement lent, presque cérémonial. Arthur recula d'un pas, le pistolet de Colette toujours braqué sur le Baron, mais son regard glissa vers le plancher. Le compartiment caché s'ouvrit.
Ce qui en sortit n'était pas de l'or.
Une valise de cuir noir, identique à celle qu'il avait trouvée vide dans le bureau. Mais celle-ci était pleine. Arthur le devina au poids qui fit ployer le parquet, au claquement mat des liasses contre le cuir.
Le Baron rit. Un rire sec, sans joie.
« Tu vois, Phelps ? Elle m'a joué. Elle aussi. »
Colette ne baissa pas son arme. « Ta moitié, Baron. Celle que ton père a volée à mon père. Je l'ai cherchée vingt ans. »
Arthur regarda la valise. Puis le Baron. Puis Colette.
« Vous mentez tous les deux, dit-il. Mais ça, je m'en fous. »
Il s'accroupit, ouvrit la valise. Des liasses de billets. Des vrais, cette fois. Il en prit une, la glissa dans sa poche.
« Mon père est vivant. Vous l'avez dit. Vous voulez sa localisation. Victor voulait sa mort. Et vous, Colette, vous voulez votre or. »
Il se releva, le visage dur.
« Moi, je veux sortir d'ici vivant. Et j'ai une dette de jeu à régler. »
Un bruit derrière lui. Des pas. Plusieurs paires de chaussures sur le marbre du couloir.
Victor entra dans la pièce, flanqué de deux hommes. Il souriait. Un sourire de prédateur patient.
« Bravo, Arthur. Tu as fait le travail à ma place. »
Le Baron blêmit. « Victor. Tu es... »
« Doubleur ? Oui. Depuis le début. » Victor s'avança, les mains dans les poches. « Tu as recruté Arthur pour retrouver son père. Mais moi, j'ai recruté Arthur pour te voler. Et maintenant, tu as fait venir sa moitié. »
Il montra la valise. « Tout est là. Tout. »
Colette braqua son arme vers Victor. « Recule. »
Victor haussa les épaules. « Colette. Chère Colette. Tu crois que je n'ai pas prévu ta petite trahison ? »
Il sortit une main de sa poche. Un détonateur.
Une explosion sourde ébranla le mur est. Une partie du plafond s'effondra. Colette cria, tomba. Son arme glissa sur le sol. Arthur plongea, attrapa le pistolet, roula dans la poussière.
Victor riait encore quand une voix s'éleva derrière lui :
« Doucement, monsieur. La soirée est finie. »
Eddie. En habit de serveur, le visage masqué par un plateau d'argent. Il l'avait balancé en plein dans le dos de l'un des hommes de Victor. Le second se tourna — et reçut le bord du plateau en pleine tempe. Il s'écroula.
Victor fit volte-face. Eddie était rapide pour un homme de sa corpulence. Un crochet du droit. Victor chancela, mais il avait un couteau.
Il l'avait à la main avant qu'Eddie ne puisse esquiver. Une lame fine, qui brilla sous la poussière de plâtre.
Arthur leva le pistolet de Colette. « Pose ça, Victor. »
Victor recula, le couteau toujours levé, le regard fou. « Tu ne tireras jamais, Arthur. Tu préfères fuir. T'as toujours fui. »
Arthur tira.
Le coup partit. Victor tomba, la main sur la poitrine. Il ne bougea plus.
Arthur resta figé, le canon encore fumant. Eddie s'approcha, lui posa une main sur l'épaule.
« Faut y aller. »
Le Baron, oublié dans un coin, tenta de s'élancer vers la porte du fond. Son pied se prit dans un morceau de plafond effondré. Il bascula en avant, la tête frappa le rebord de marbre du bureau.
Un craquement sec. Sec et définitif.
Arthur regarda le corps du Baron, puis la valise pleine, puis le pistolet dans sa main.
Colette se releva, sanglante mais debout. Elle regarda les deux cadavres, puis Arthur.
« On partage ? » demanda-t-elle.
Arthur regarda Eddie. Eddie haussa un sourcil.
Arthur prit la valise, l'ouvrit, en sortit trois liasses, qu'il jeta aux pieds de Colette.
« Ton or est sous le sol, dit-il. Le vrai est là. Garde tes trois liasses. »
Il referma la valise, la souleva. Elle était lourde. Réelle.
Eddie lui adressa un petit salut, puis il décrocha le téléphone du bureau et le jeta dans la poussière.
« La police va arriver, dit-il. Quelqu'un a dû appeler. »
Arthur hocha la tête. Il se dirigea vers la porte arrière, Eddie sur ses talons. Juste avant de sortir, il jeta un dernier regard.
Le Baron gisait, les yeux ouverts. Victor, mort. La poussière retombait lentement. Colette était déjà penchée sur le sol, grattant les gravats, le visage féroce.
Arthur sortit dans la nuit.
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