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Le Choix du Dernier Dragon

Lire le chapitre 6: The Sickness Lie

Le soleil pesait sur la cour d'exercice comme un jugement. Elara frotta ses paumes moites contre son pantalon d'équitation, regardant les dragons alignés devant elle – ou plutôt, ce qu'il en restait.

« Où sont les autres ? » demanda-t-elle à Fiora, qui scrutait les enclos avec une moue perplexe.

« Quarantaine, » répondit sa camarade en haussant les épaules. « L'instructeur Virel a dit qu'une contagion courait dans les écuries nord. Ils gardent les grands là-bas pour éviter la propagation. »

Elara compta les bêtes présentes. Dix-sept, alors que l'effectif de l'académie annonçait près de quarante dragons montés. Et parmi les absents – elle les connaissait tous maintenant, par nom et par réputation – se trouvaient les plus anciens, les plus puissants. Vermith, le fier rouge d'argent du Baron Ossric. Gellian, la jument bleue qui portait la Marquise Delacroix. Et surtout, absent aussi, l'énorme Ombre, le dragon noir de Lady Voss elle-même.

« Tu observes encore, » murmura une voix derrière elle. Elara sursauta, mais ce n'était que Kael, un seau de fers à la main. Son sourire fatigué creusait des rides aux coins de ses yeux. « Toujours à chercher des réponses là où on ne t'en donne pas. »

« Tu as vu des dragons malades, toi ? »

Kael posa son seau, jeta un coup d'œil autour d'eux. L'instructeur Virel faisait le tour des enclos, notant quelque chose sur un parchemin. Les autres cadets – nobles pour la plupart – s'éventaient avec leurs gants, affichant leur ennui.

« Non, » admit Kael à voix basse. « Mais Ardan m'a fait jurer de ne pas poser de questions sur les écuries nord. Il a dit que certaines portes doivent rester closes. »

« Ardan est prudent, pas aveugle. » Elara se tourna vers les enclos. Ignis, sa propre monture, somnolait contre la barrière, ses écailles cuivrées brillant faiblement. Il n'était pas léthargique, elle le savait – elle le sentait à travers leur lien. Il était simplement patient, comme toujours quand elle travaillait. Mais les autres ?

Elle observa plus attentivement. La petite dragonne grise de deux ans, Nyra, tournait en rond dans son enclos, la queue frémissante. À côté d'elle, le vieux Brume battait faiblement des ailes contre son abreuvoir vide. Aucun ne semblait malade. Ils semblaient juste... enfermés. Comme des oiseaux en cage dont on aurait oublié d'ouvrir la porte.

« Kael, » dit-elle soudain, « l'abreuvoir de Brume est sec. »

Le forgeron jura à voix basse. « Ils nous ont dit de limiter les sorties pour l'hygiène. Mais l'eau... » Il secoua la tête. « Je m'en occupe. Toi, rentre ta curiosité, Elara. Trop de questions attirent trop de regards. »

Il s'éloigna avant qu'elle puisse répondre. Fiora s'approcha, les yeux brillants.

« Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Il est mignon, pour un forgeron. Et il te connaît de ton village, non ? »

« Il me connaissait, » corrigea Elara. « Je ne me souviens presque plus de rien d'avant la rivière. »

« C'est triste. Mais aussi très romantique. Un mystère de famille ! »

Elara ne répondit pas. Quelque chose n'allait pas, plus profond qu'un abreuvoir vide. Elle compta de nouveau les dragons. Dix-sept. Mais l'un d'eux – le jeune mâle cuivré de la cadette Mira – battait des ailes nerveusement, ses yeux dorés fixés au nord, vers les écuries interdites.

Mira se tenait près de lui, une main posée sur son cou. Son visage, habituellement impassible, laissait percer une inquiétude qu'Elara n'avait jamais vue.

« Il veut les rejoindre, » murmura Elara, presque pour elle-même.

Mira leva les yeux, surprise qu'on ait remarqué. Pendant un instant, les deux jeunes femmes s'évaluèrent. Puis Mira tourna la tête, ostensiblement concentrée sur les instructions de Virel.

La leçon – une démonstration de soin des écailles et de gestion des allergies – dura une éternité. Elara nota mentalement chaque absence. Chaque détail qui clochait. Les dragons présents n'étaient pas malades, mais ils étaient agités. Ils se tournaient vers le nord par vagues, comme des aiguilles aimantées.

À la fin du cours, Virel les congédia d'un geste las. « Ceux qui souhaitent approfondir peuvent consulter le manuel sur les maladies contagieuses en bibliothèque. Les écuries nord restent fermées pour le moment. Toute question sur la quarantaine ira à Lady Voss directement. »

Quelques cadets ricanèrent. Poser une question à Lady Voss relevait du suicide académique.

Fiora tira Elara par la manche. « Viens, on va manger. Le rôti du jeudi est le meilleur de la semaine. »

« Je te rejoins. »

Elara mentait. Elle avait besoin de voir – pas de manger. Elle contourna les bâtiments d'enseignement, longea les hangars à fourrage, et arriva derrière les écuries nord par un chemin discret qu'elle avait repéré lors de ses premières semaines. Les portes étaient fermées, oui. Mais un escalier extérieur montait le long du mur, menant à une passerelle d'inspection pour les toits.

Elle grimpa. Le bois craquait sous ses bottes, mais le vent couvrait le bruit. De là-haut, elle pouvait voir l'intérieur par les fenêtres hautes, étroites comme des meurtrières.

Les stalles étaient vides.

Pas de dragons malades. Pas de dragons du tout. Le sol de paille était propre, presque immaculé. Les abreuvoirs étaient secs depuis des jours. C'était un enclos vide, préparé comme une scène de théâtre avant la représentation.

Son cœur se serra. Ils avaient menti. La quarantaine n'existait pas – elle servait uniquement à cacher une absence.

Une porte s'ouvrit en bas. Elara retint son souffle et s'accroupit sur la passerelle, invisible dans l'ombre du toit.

Lady Voss entra, suivie d'Instructeur Ardan. Ils parlaient à voix basse, mais le vent portait leurs paroles.

« ...une dizaine de jours, au mieux, » disait Ardan. « Le cycle est plus rapide que prévu. Les anciens sont déjà faibles. »

La voix de Lady Voss était un couteau. « Ils ne sont pas faibles, Ardan. Ils sont anciens. C'est précisément pour cela qu'ils doivent partir en premier. La maladie ne s'attaque qu'à ceux qui restent. »

« Et les jeunes ? »

Silence. Puis Lady Voss reprit, plus bas encore – Elara dut tendre l'oreille pour saisir chaque mot.

« Les jeunes peuvent survivre quelque temps. Mais s'ils voient les anciens mourir, ils perdront le lien. Ils perdront la volonté. Et sans la volonté... » Elle n'acheva pas. « Ils doivent partir avant que la maladie ne se propage. Je ne leur infligerai pas d'assister à leur propre extinction. »

Des pas. Elles s'éloignaient. Elara les entendit partir, mais elle resta figée, les mains serrées sur la rambarde.

Ce n'était pas une maladie des dragons qu'elles craignaient. C'était une maladie du monde. Les dragons disparaissaient un à un, emmenés quelque part pour mourir loin des yeux – ou pour survivre ? – et Lady Voss organisait leur exode comme une générale préparant une retraite.

Elara redescendit, le cœur lourd. Elle avait toujours pensé que la vérité serait dangereuse. Elle n'avait jamais pensé qu'elle serait si vaste.

Ignis l'attendait à la lisière de l'enclos, immobile comme une statue de bronze. Ses yeux dorés la fixèrent avec une intensité qui lui fit baisser la garde.

*Tu sais maintenant,* sembla-t-il dire sans mots. *Tu sais, et tu ne peux plus ignorer.*

Elle porta la main à sa poitrine, où le médaillon d'argent reposait contre sa peau, sous sa chemise. L'étrange écaille à l'intérieur – celle qui ne chauffait jamais – pesait plus lourdement que jamais.

« Que veux-tu de moi ? » murmura-t-elle au dragon.

Ignis inclina la tête. Puis, lentement, il se tourna vers le nord – là où les dragons partaient. Là où le mystère commençait.

Pour la première fois depuis son arrivée, Elara ne se demanda pas comment elle était entrée à l'académie. Elle se demanda comment elle allait en sortir.