Le Coffre de Fer de Londres
Lire le chapitre 25: The Crypt's Secret
La crypte sentait la terre humide et le moisi des os anciens. Tom avait cru trouver un refuge, un souffle volé aux chiens de Percy. Il avait fallu qu'un gratteur de tombes l'y trouve avant eux.
L'homme était sorti de l'ombre comme un rat de sa galerie, une lanterne sourde à la main, le visage couturé de cicatrices anciennes. Il s'appelait Mortimer, et son sourire édenté sentait le vin aigre.
« Un jeune homme seul dans une crypte, à caresser un coffret qui n'ouvre pas. On dirait que la fortune t'a conduit ici pour moi. »
Tom serra la boîte contre sa poitrine. « Va-t'en. Je n'ai rien pour toi. »
Mortimer rit, un bruit de cailloux qu'on roule. « Vraiment ? Parce que moi, je vois un coffret italien, un mécanisme que je connais, et un jeune homme qui n'a pas idée de ce qu'il tient. »
Tom hésita. L'homme sentait la tombe fraîche, mais ses yeux vivaient. Un survivant, comme lui. Un homme de l'ombre qui connaissait les secrets des morts.
« Tu connais ce coffret ? »
Mortimer s'accroupit à côté de lui, la lanterne éclairant les gravures du phénix. Sous la lumière vacillante, Tom remarqua que les plumes de l'oiseau formaient un entrelacs complexe, presque calligraphique, qui se rejoignait au centre en une fine ligne continue.
« Je connais les mécanismes de ce genre. C'était la mode chez les nobles, après la peste. Des coffrets hérétiques, à serrures impossibles. Celui-ci est particulier. » Il passa un doigt crasseux sur le bec du phénix. « Il demande un sang spécifique. Pas n'importe quel sang. Celui de la lignée pour laquelle il a été forgé. Un sang pur. »
Tom sentit son cœur battre plus fort. « Pur comment ? »
« Noble. Royal, même. Les Italiens du début du siècle, ils faisaient ça pour les familles qui craignaient les trahisons. Seul le sang du maître pouvait ouvrir le mécanisme. On raconte que certains coffrets brûlaient leur contenu si on essayait de les forcer. » Il ricana. « J'ai vu un homme perdre une main comme ça. »
Tom regarda le coffret, puis sa propre main. Sa mère, Éléonore, descendante des Plantagenêts. Le phénix gravé sur sa pièce, sur le coffret, sur son propre sang. Elle avait dit que la pureté du sang importait, dans la lettre. Il n'avait pas compris jusqu'à maintenant.
« Et si on parvient à le faire ouvrir par le bon sang ? »
« Alors la serrure cède. Mais c'est un mécanisme à double tour. Le sang ouvre le premier verrou, mais il y a une clé. Une clé cachée. » Il haussa les épaules. « C'est ce qu'on disait à Florence. Deux sceaux, deux secrets. »
Une clé cachée. Tom retira le médaillon de son cou. Le phénix d'or ouvrit ses ailes, révélant la pince minuscule qu'il avait découverte la veille. Il fit tourner la petite clé d'argent entre ses doigts.
Mortimer siffla doucement. « Eh bien. On dirait que le destin t'a donné les deux. La question, c'est si ton sang est celui que le coffret attend. »
Tom regarda la ligne gravée du phénix qui courait sur toute la surface du coffret. Il sortit son couteau, ouvrit une fine entaille sur son index. La douleur fit un écho propre, familière. Il pressa la goutte de sang contre le bec de l'oiseau.
Un instant, rien ne se produisit. Mortimer le regardait, retenant son souffle. Puis le coffret devint chaud sous ses doigts — pas une chaleur douce, mais une chaleur métallique, comme un fer qu'on retire du feu. Le phénix gravé sembla luire d'un rouge sombre, une ligne de braise qui parcourut les plumes de l'oiseau, gagna le centre, et s'arrêta net.
Tom poussa un cri étouffé et lâcha le coffret, qui tomba sur la pierre avec un bruit sourd. La chaleur mourut aussitôt, mais la blessure sur son doigt semblait plus profonde qu'elle ne l'était, brûlée par l'intérieur.
« Le sang est reconnu, mais il n'est pas complet. » Mortimer avait reculé, le visage blême sous la lanterne. « Il manque l'autre moitié. Le coffret attend du sang des deux lignées. Celle du phénix et celle de... » Il s'interrompit, fixant la gravure du centre du coffret, là où les plumes convergeaient en un point. Tom suivit son regard et vit pour la première fois un petit détail : au centre, entrelacé dans la queue de l'oiseau, un serpent finement dessiné.
Un serpent.
« Le sang du couple fondateur, murmura Mortimer. Les deux maisons unies. Si tu n'as que le sang du phénix, le coffret restera clos pour toi seul. Il faudra les deux sangs réunis. »
La voix de sa mère résonna dans sa tête. Il connaissait le sang du phénix — le sien, celui de Bessie, celui de sa mère. Mais le serpent ? Qui portait le serpent dans son sang ? Le père qu'il n'avait jamais connu ? La réponse était peut-être à Oxford, avec Annie et sa cicatrice.
« On peut forcer le second verrou ? »
« Avec la clé ? » Mortimer secoua la tête. « La clé ne sert qu'au moment où le sang est complet. Si tu forces la serrure autrement, le coffret brûlera son contenu. » Il se pencha, les yeux brillants. « Mais je connais quelqu'un, à Northampton, qui a travaillé pour les Italiens. Il pourrait connaître le secret du serpent. »
Un craquement violent éclata dans le silence, venant du haut des marches. La porte de la crypte vola en éclats sous un coup de bélier, et des torches inondèrent l'ombre de lumière orange.
La voix de Percy s'éleva, dure comme le métal. « Il est là. Prenez-le vivant. »
Mortimer disparut dans une crevasse entre les tombes comme un rat dans son trou, laissant Tom seul face à la lueur des torches et aux hommes qui descendaient les marches, armés et décidés. Dans sa main, le coffret était encore tiède, comme s'il respirait.
Tom serra les dents et chercha une issue. La crypte n'avait qu'une porte. Celle qu'ils venaient de défoncer.
Il n'avait nulle part où courir.
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