Le réseau de chauffeurs se structura en quelques jours.
Marc Delaunay, responsable logistique dans une entreprise de transport, créa un groupe, un planning, une liste de pièces à vérifier et un canal séparé pour les soignants.
Permis, assurance, plaque, contact d’urgence : tout était contrôlé.
— Gratuit, ça peut faire peur, expliqua une infirmière à Julien.
— C’est précisément pour ça qu’on vérifie les chauffeurs.
Ils étaient vingt-six au début.
Quarante-huit le lendemain.
Le matériel restait le principal problème. L’un conduisait avec des lunettes de piscine. Un autre avec une visière de chantier. Un étudiant utilisait un poncho de pluie et des gants de ménage jaunes.
Ils partageaient tout.
Julien donna ses lunettes de secours. Marc répartit deux bidons de désinfectant dans des bouteilles plus petites. Un dentiste offrit des masques. Une entreprise de peinture fournit des protections respiratoires utilisables par les chauffeurs.
— Cette ville tient avec des groupes de messagerie et du ruban adhésif, dit Théo.
— La France entière fonctionne parfois comme ça, répondit Julien.
Ils rirent.
Le nom arriva le soir même : La Ligne de Belrive.
Pas des héros, avait dit Théo. Juste une ligne entre des gens qui, sans eux, resteraient séparés.
Le nom resta.
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