Le Pacte des Highlands
Lire le chapitre 28: The Confrontation
La pluie battait les fenêtres du manoir de Donal comme des poings furieux. Iona poussa la porte principale, le bois cédant sous son épaule avec un craquement de tonnerre. Derrière elle, une douzaine d’hommes — MacTavish et Campbell mêlés — s’engouffrèrent dans le hall, l’acier luisant à leurs ceintures.
Donal était là, debout près de la cheminée, un verre de whisky à la main, l’air presque amusé.
« La petite MacTavish, dit-il, sa voix roulant comme du gravier. Et avec une armée. Comme c’est… touchant. »
— Où est mon père ? lança Iona, les dents serrées.
— En sécurité. Pour l’instant.
Un bruit de pas derrière elle. Iona tourna la tête — et son cœur manqua un battement. Lachlan franchit le seuil, trempé jusqu’aux os, les yeux brûlant d’une fièvre sombre. Il la vit, et quelque chose se brisa dans son regard.
« Tu n’aurais pas dû venir, souffla-t-il.
— Tu n’aurais pas dû vendre tes terres pour moi, répondit-elle.
— Je n’aurais pas dû te laisser partir, dit-il, et la douleur dans sa voix était réelle.
Donal applaudit lentement, le bruit sec résonnant sous les hauts plafonds. « Magnifique. Une réconciliation au milieu de ma ruine. Mais vous êtes trop tard, mes enfants. Callum a signé. Les terres sont à moi. Le contrat est scellé. »
Un mouvement à la périphérie. Callum Campbell sortit de l’ombre d’une alcôve, le visage gris, les mains tremblantes. « Donal, j’ai fait ce que vous demandiez. Vous avez promis… »
— J’ai promis beaucoup de choses, dit Donal avec un haussement d’épaules.
Lachlan fit un pas en avant, la main sur son épée. « Vous avez promis de libérer Iona. De laisser partir son père.
— Et je tiendrai parole, une fois le transfert de vos terres exécuté devant témoins. Tout est déjà préparé. »
Iona sentit la rage monter comme une marée. Elle sortit les documents volés de sous son manteau et les jeta sur la table de marbre entre eux. « Voilà ce que j’ai trouvé dans votre bureau, Donal. Des transactions. Des menaces. Le nom de votre protecteur londonien. Vous croyez que Londres vous sauvera ? Ce papier vous pendra.
Le visage de Donal se décomposa. La mâchoire se serra, les yeux s’étrécirent. « Vous… vous êtes entrés dans ma demeure privée ? »
— Nous avons tout pris, dit Iona. Et nous le publierons si mon père n’est pas libéré ce soir.
Donal ricana, un son faux et tranchant. « Vous ne comprenez rien. Ces documents signeront la ruine de votre famille autant que la mienne. Votre père a confessé un crime devant un magistrat. Un crime dont je peux créer les preuves, les témoins, aussi facilement que je claque des doigts. » Il claqua des doigts, et quatre mercenaires armés entrèrent par une porte latérale.
La pièce s’embrasa d’un mouvement unique. Les hommes d’Iona et de Lachlan chargèrent, les épées sifflant. Donal recula vers sa table, attrapa une liasse de papiers et se précipita vers la cheminée.
« Non ! » cria Lachlan, s’élançant.
Une lame passa entre eux. Corps à corps, la poussière de plâtre tombant du plafond, le fracas des armes emplissant le hall. Iona vit Lachlan fendre la mêlée, poursuivant Donal qui jetait les documents dans le feu. Les pages s’enflammèrent, se tordant dans l’âtre.
C’est alors que la porte du fond s’ouvrit avec violence. Tam se tenait sur le seuil, suivi de trois hommes de la justice en manteaux sombres.
Tam avança, et sa voix — calme, grave, portant malgré le tumulte — arracha Donal à sa tâche. « Je vous ai vu, Donal MacDuff. Cette nuit-là. Dans les bois, près du lac. Vous ne m’aviez pas vu, mais j’étais là. »
Le silence tomba comme un couperet.
« Vous portiez le manteau rouge des soldats du roi, continua Tam. Vous avez tiré le premier coup. Dans le dos d’Ailis MacTavish. La mère d’Iona. Elle est tombée et vous l’avez laissée dans la boue, vous et votre homme de main, pendant que vous faisiez accuser le clan Campbell pour détourner les soupçons. »
Donal pâlit. Ses mains tremblaient, et les papiers qu’il tenait glissèrent au sol. « Ce vieux fou ment. Il a perdu l’esprit.
— J’étais garde-chasse chez les MacTavish, dit Tam. J’ai vu ce que j’ai vu. Et j’ai marché avec cette vérité pendant vingt ans. Il est temps qu’elle vous étouffe.
Iona regarda Donal, et tout se cristallisa — la mort de sa mère, la haine entre clans, les années de sang et de soupçons. Tout. Lui.
Un éclat de rage muet la traversa. Elle s’élança, mais Lachlan la retint d’un bras d’acier. « Non. Les hommes de loi sont ici. Laissez-les faire. »
Donal recula encore, trébuchant, cherchant une sortie. Sa main heurta un candélabre massif qui vacilla. Au même instant, Lachlan et deux mercenaires s’entrechoquèrent juste sous le lustre central. Les chaînes de fer cédèrent avec un crissement atroce.
Le chandelier tomba. Pas sur les combattants. Pas sur Iona. Sur Donal.
Le fracas fut immense. Une pluie de cristal et de métal. Quand la poussière retomba, Donal gisait sous la masse brisée, immobile, les yeux ouverts vers le plafond d’où la mort était venue.
Le silence s’étirait, infini.
Les magistrats avancèrent, saisirent Callum — qui s’effondra en sanglots sans protester — et les deux hommes de Donal qui tentaient de fuir. Le corps de Donal resta là, personne n’osant le toucher, la vérité enfin, terriblement, debout dans la pièce.
Iona sentit la main de Lachlan trouver la sienne. Elle la serra, fort, et ne la lâcha pas.
Il pleuvait toujours. Mais la tempête, elle, venait de mourir.
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