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Le Pacte des Highlands

Lire le chapitre 5: A Debt Remembered

La pluie avait cessé pendant la nuit, mais le chemin de Glen Torran n'était qu'une boue épaisse qui ralentissait la colonne des Campbell. Iona les vit venir depuis la fenêtre haute du hall, une ribambelle de silhouettes sombres qui serpentait entre les bruyères. Elle compta huit cavaliers. Lachlan en tête, son manteau noir plaqué contre lui par l'humidité, et Callum un peu en retrait, la mâchoire serrée même à cette distance.

Elle se tourna vers Murdoch, qui arrangeait les chaises autour de la grande table de chêne. « Ils sont là. »

« Tu as l'air d'annoncer une exécution, pas un mariage. »

« C'est peut-être la même chose. » Elle lissa sa jupe, la seule robe convenable qu'elle possédait, un vert profond qui avait appartenu à sa mère. Le poids du brochet caché dans sa poche intérieure lui semblait brûlant contre sa hanche. Elle n'avait pas pu se résoudre à le laisser derrière elle.

Le martèlement des sabots dans la cour annonça leur arrivée avant que Duncan n'ouvre la porte. Lachlan entra le premier, débarrassé de son manteau, ses bottes couvertes de boue jusqu'aux genoux. Ses yeux trouvèrent Iona immédiatement, et quelque chose passa entre eux — une reconnaissance muette de ce qu'ils avaient conclu à Braemore, dans l'orage.

« MacTavish. » Il inclina la tête.

« Campbell. »

Murdoch s'interposa avec une bouteille de whisky et des gobelets d'étain, brisant la tension comme on brisait la glace sur un ruisseau en hiver. Les deux clans s'installèrent autour de la table, chacun gardant ses distances, les mains posées ostensiblement sur le bois plutôt que sur les dagues à leur ceinture.

Alistair fut porté dans la pièce par deux de ses hommes, son visage grisâtre mais ses yeux toujours vifs. Il s'assit en bout de table, refusant le whisky que lui tendait Murdoch.

« Je ne bois pas avec des voleurs de bétail. »

« Vous ne buvez pas avec l'homme qui sauve votre terre », répondit Lachlan, sans élever la voix. « Les mots ne coûtent rien, MacTavish. La terre, elle, a un prix. »

Iona posa le parchemin du traité sur la table, celui que le clerc d'Ashworth avait préparé, modifié à la main dans la marge par ses soins — une clause ajoutée au milieu de la nuit, à la lumière d'une chandelle : les deux clans s'engageaient à défendre conjointement Glen Torran contre toute réclamation tierce, par les armes si nécessaire.

« Nous signons ceci, dit-elle, et le mariage scelle l'alliance. Ashworth n'aura d'autre choix que de se retirer ou de faire face à une coalition que son imagination juridique n'a jamais envisagée. »

Callum ricana. « Votre imagination, en revanche, fonctionne très bien. On se demande où vous avez appris à écrire des traités, une fille d'éleveurs de moutons. »

« Ma mère m'a appris à lire, répondit Iona, le cœur battant plus fort à la mention d'elle. Et ma mère m'a appris que ceux qui se moquent des femmes finissent toujours par négocier avec elles. »

Le silence tomba sur la table. Iona vit Callum ouvrir la bouche, puis se raviser, les yeux soudain prudents. Lachlan le regardait fixement, quelque chose comme un avertissement dans le regard.

C'est à ce moment qu'on frappa à la porte.

Ce n'était pas un cognement de visiteur attendu. Trois coups, lents, espacés, le genre de frappe qui annonçait une réclamation. Iona échangea un regard avec Murdoch, qui se leva, la main sur la poignée de sa dague.

Il ouvrit.

L'homme qui se tenait sur le seuil était grand, décharné, vêtu d'un manteau usé qui avait été vert une fois — peut-être la couleur du régiment autrefois — et maintenant grisonnant de terre et de pluie. Ses yeux étaient d'un bleu si pâle qu'ils semblaient délavés, comme des pierres passées trop longtemps dans l'eau. Il tenait un bâton de marche plus haut que lui, et pendait à sa ceinture une bourse de cuir vide qui claquait contre sa jambe à chaque mouvement.

« Je cherche Alistair MacTavish », dit-il. Sa voix était rauque, comme si elle n'avait pas servi depuis longtemps.

« Qui demande ? » lança Alistair depuis sa chaise, sans pouvoir voir la porte.

« Le nom ne vous dira rien. » L'homme entra sans y être invité, ses bottes laissant des traces de boue sur les pierres que Duncan venait de laver. « Gregor MacRae. Régiment de Ross, compagnie C. Culloden, avril 1746. »

Le silence qui suivit fut si épais qu'on aurait pu le trancher au couteau. Iona vit Alistair pâlir davantage, si c'était possible, ses mains agripper les accoudoirs de sa chaise.

« Culloden », répéta-t-il lentement. « Personne ne parle de Culloden. »

« C'est pour ça que je suis ici », dit Gregor. Il s'arrêta devant la table, ignorant les Campbell, ignorant Iona, les yeux fixés sur Alistair seul. « Vous vous souvenez d'un homme nommé Tavis MacRae, je suppose. Mon frère. Vous l'avez laissé mourir sur la bruyère pendant que vous fuyiez. »

Le visage d'Alistair se vida de toute expression. Un long moment passa. Puis, d'une voix que Iona ne lui avait jamais entendue — une voix de vieillard, faible et craquelée — il dit : « Tavis. Oui. Je me souviens de Tavis. »

« Vous lui deviez la vie. Vous le savez. Il a pris la balle qui était destinée à votre poitrine. On l'a vu. On en a parlé, dans les camps, après. » Gregor s'approcha encore, posa les deux mains sur la table, ses doigts squelettiques écartés sur le bois. « Je ne suis pas venu vous demander de l'argent. Je ne suis pas venu vous menacer. Je suis venu réclamer la dette selon l'ancienne coutume : le sang de mon frère vous a sauvé. Son sang me donne droit au nom. Je demande à être pris comme pupille sous votre protection, nourri et abrité jusqu'au jour de ma mort. »

Iona regarda son père, dont la respiration était devenue irrégulière. Puis elle regarda Gregor, ce visage étrange, ces yeux délavés qui ne cillèrent pas une seule fois pendant tout son discours. Quelque chose en elle était en alerte — une voix sourde, insistante, qui lui murmurait qu'aucun homme n'attend trente ans avant de réclamer une dette de vie.

« C'est une demande insolente, dit-elle, rompant le silence. Arriver un jour de traité, à la porte d'un homme blessé, pour exiger la charité. »

Gregor tourna vers elle ses yeux pâles. « La charité n'a rien à voir avec la dette, jeune fille. On paie ce qu'on doit. »

Alistair leva une main tremblante. « Il a raison. » Sa voix était à peine audible. « Je dois. Si Tavis... si son frère réclame... » Il ferma les yeux. « Tu resteras. Duncan, prépare-lui la chambre du grenier. »

Murdoch fit un pas en avant, protestant : « Père — »

« Taisez-vous. » L'autorité d'Alistair, bien que brisée, avait encore du tranchant. « La dette est à moi. Je la paie comme je l'entends. »

Iona serra les mâchoires, mais ne dit rien. Elle regarda Gregor MacRae prendre place dans un coin de la pièce, comme un chat qui s'installe sur un territoire qu'il vient de revendiquer. Ses yeux parcouraient la salle, s'attardant sur chaque visage — les Campbell, les MacTavish, la porte, les fenêtres. Il ne ressemblait pas à un homme épuisé par trente ans de route. Il ressemblait à un homme qui comptait les issues.

Lachlan, qui était resté remarquablement silencieux, se racla la gorge. « Votre affaire de famille est réglée, semble-t-il. Pouvons-nous revenir à celle qui concerne nos terres ? »

Le traité fut signé une heure plus tard, les deux chefs apposant chacun une croix et un sceau en cire sur le parchemin. Lachlan scella d'un anneau d'argent orné du pin des Campbell ; Alistair, avec le sceau de sa défunte épouse — un thistle et un saule entrelacés — que Duncan dut aller chercher dans son bureau. Quand le sceau s'enfonça dans la cire rouge, quelque chose sembla se briser dans la pièce, ou se souder.

Iona tendit la main. Lachlan la prit. Sa peau était sèche et chaude, contrairement à son regard qui restait prudent.

« Le mariage sera annoncé au bal, dit-elle. Dans trois semaines, au solstice. En attendant, la clause de défense commune est effective dès ce soir. »

« Signé, scellé, dit Lachlan. Qu'Ashworth vienne. »

Autour d'eux, les deux clans se levèrent, l'air encore chargé de méfiance mais teinté d'un commencement d'acceptation. Dans son coin, Gregor MacRae les observait, les yeux pâles comme des fenêtres ouvertes sur du vide.

Alistair se pencha vers Iona, sa voix rauque contre son oreille. « Cet homme n'est pas venu pour une dette, murmura-t-il. Il est venu pour autre chose. Je le sens dans mes os. »

Iona hocha la tête. Elle aussi le sentait. Et ce soir, quand tout serait calme, elle irait fouiller dans les papiers de son père — car si un homme appelé Tavis MacRae avait combattu à Culloden aux côtés d'Alistair, peut-être y aurait-il une trace. Peut-être que le nom Morag y serait aussi. Elle allait devoir être rapide. Le grenier était juste au-dessus de la chambre de son père, et Gregor MacRae dormirait désormais dans la maison, pas très loin, avec ses yeux pâles qui semblaient tout voir.