Le Pacte Noyé
Lire le chapitre 21: The Second Guard
La femme n’était plus là quand Owen rouvrit les yeux. Seule la brume du petit matin flottait entre les troncs, et dans sa main, le torque d’airain pesait comme un pas vers l’inconnu. Il le souleva, tourna les glyphes intérieurs vers la lumière faible. Les entrelacs semblaient se tordre sous son regard, dessinant une ligne brisée qui filait droit vers le nord-est.
Le bois de Mercian.
Il se releva, les genoux pleins de boue, et il ne se demanda pas pourquoi il connaissait ce nom. Il le savait, comme on connaît la couleur du ciel après l’orage. Il marcha.
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La Renarde l’attendait près d’un chêne foudroyé, assise sur un tronc effondré, un fusil à pompe posé en travers des genoux. Elle ne le regarda pas quand il arriva, les poumons en feu, mais elle parla comme s’ils avaient quitté la conversation il y a une minute.
— Le torque n’est pas un ornement, Callahan. C’est une serrure.
Owen s’arrêta à trois mètres d’elle, le poing fermé sur le métal encore tiède.
— Vous avez entendu ce qu’a dit la femme, dans le bois. Vous saviez que je le récupérerais.
— J’ai fait en sorte que tu le récupères, dit-elle, en se levant. Mon contrat avec ton père est simple : il m’a payée pour que tu arrives vivant à la deuxième garde. Pas pour que tu comprennes, pas pour que tu choisisses ton camp. Vivant.
— Et la deuxième garde, c’est quoi ? Une porte, un temple, un poste de vigile ?
La Renarde sourit. Un sourire mince, usé par des décennies de secrets.
— Mieux. C’est une épée.
Elle pivota et se mit en marche vers le nord-est. Owen n’eut pas le choix : il suivit.
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Ils marchèrent une heure sous un ciel bas, à travers des bouleaux maigres et herbes folles. La forêt de Mercian n’avait rien d’un site remarquable – rien de ce que les autorités auraient protégé, rien de ce que les satellites auraient cartographié. Elle était là, simplement, comme un vieux gardien endormi qui n’avait jamais ouvert les yeux.
La Renarde s’arrêta devant un affleurement de granite rongé par le vert. Elle frappa la pierre deux fois du plat de la main. À l’intérieur, quelque chose cliqueta – un mécanisme ancien, plus ancien que le bronze du torque.
— Pose-le dans la cavité, dit-elle.
Owen hésita. Dans sa poche, le téléphone vibra. Cole. L’échéance de midi approchait, et avec elle la menace de voir les scans falsifiés déchirer sa réputation. Mais ici, dans le silence humide, ces histoires semblaient appartenir à un autre monde.
Il posa le torque contre l’empreinte creusée dans la roche. Il coulissa avec un rire métallique, aussi net que la note d’une cloche. Les glyphes s’illuminèrent d’une lueur ambrée, puis la pierre entière tourna sur son axe, révélant une volée de marches taillées dans la terre, étroites et noires.
— Après toi, dit la Renarde, son fusil calé sous le bras.
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L’escalier descendait bien plus profond qu’il n’était possible. Owen compta quarante-deux marches avant que le plafond ne s’ouvre sur une chambre circulaire, à peine plus large qu’un puits. Les murs étaient couverts de fresques peintes à l’ocre, presque intactes : des guerriers en cottes de mailles, des boucliers, et au centre de chaque scène – toujours – une épée plantée dans une pierre, la garde tournée vers le ciel.
Owen tourna sur lui-même. Son souffle fit danser le sable sur le sol dallé. Le centre exact de la pièce était vide, mais il vit la forme dans le sol : une encoche, longue, fine, dessinée comme un lit.
Il s’accroupit. La poussière avait été brossée récemment. Quelqu’un était venu avant eux.
— L’épée était ici, dit-il à voix basse. Quelqu’un l’a prise.
— Pas quelqu’un, dit une voix derrière lui.
Owen se retourna. La Renarde avait relevé son fusil – mais le canon ne visait pas Owen. Elle visait l’ouverture derrière lui.
Malcolm Reeve apparut en haut de l’escalier, les mains vides, un sourire de marbre aux lèvres. Derrière lui, deux hommes armés en vêtements tactiques, les armes à moitié levées.
— Nous sommes venus pour la même chose, Dr Callahan. Et il semble que l’objet de notre quête commune a déjà changé de mains.
Reeve descendit la dernière marche, les mains toujours levées mais la posture détendue, celle d’un homme qui possède l’information et non les armes.
— L’épée a été retirée du socle il y a plus de neuf cents ans, Callahan. Nous ne sommes pas les premiers à chercher. Mais nous avons de meilleures cartes que toi.
Il sortit de sa veste une photographie cornée et la jeta sur le sol, entre eux. Owen la ramassa. Elle montrait la même épée – lame large, garde en bronze ornée de runes – posée non pas sur une pierre, mais entre les mains d’un cadavre en armure.
— Le dernier gardien, dit Reeve. Retrouve son corps, tu retrouveras l’épée. Et le torque que tu as reçu ne t’y mènera pas, parce qu’il ne marque pas la tombe. Il marque *l’entrée*, et tu viens de la lui apporter.
Owen serra le torque dans sa main, la photo dans l’autre. Son téléphone vibra à nouveau. Il l’ignora.
La Renarde ne baissa pas son fusil. Mais son regard croisa celui d’Owen, chargé d’un poids qu’il ne comprenait pas encore.
— Tu voulais savoir pourquoi ton père avait laissé un mot au fond du lac, dit-elle doucement. Il disait que la porte n’était pas une prison. C’est parce que la vraie porte est là-dessous, Callahan. Et elle ne s’ouvre pas avec un mot de passe. Elle s’ouvre avec une lame.
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