Le Serment du Chasseur
Lire le chapitre 25: The Gathering Storm
La pluie s'était arrêtée, mais le ciel restait lourd, comme suspendu au-dessus de la vallée. Callum marcha dans le camp rebelle avec la bague du Laird serrée dans son poing, la liste de Duncan contre sa poitrine. Des regards hostiles le suivaient — certains le reconnaissaient, l'ancien chasseur des Anglais, le traître qui avait conduit les soldats dans les collines.
Rab sortit de sa tente avant que Callum n'atteigne le feu central. Grand, sec, la barbe grise taillée en pointe, il cracha dans la boue.
— Tu as le culot de revenir, chien.
— J'ai ce que tu voulais. La bague de MacLeod.
Callum tendit l'anneau. Rab le saisit, l'examina contre la lumière grise, puis son regard remonta, dur.
— Et Duncan ?
— Mort.
Le silence tomba sur la clairière. Les hommes autour du feu échangèrent des regards. Rab plissa les yeux.
— Mort comment ?
— Blessé à la prison. Il est mort dans une grotte, entre mes bras. Il m'a donné ça.
Callum sortit le papier des herbiers d'Inverness, le déplia lentement. La pluie avait embué les bords, mais l'encre restait lisible. Des noms. Des régiments. Des rangs.
— Voici une liste d'officiers britanniques secrètement favorables aux Jacobites. Duncan les connaissait tous. Ils peuvent retourner leurs régiments si on leur offre une porte de sortie.
Rab ne prit pas le papier. Il croisa les bras.
— Duncan était un lâche et un menteur. Il travaillait pour Thorne quand ça l'arrangeait, et il travaillait pour nous quand ça l'arrangeait aussi. Pourquoi je croirais un mot de tout ça ?
— Parce qu'il est mort en voulant se racheter.
— Mort, oui. Les morts ne répondent plus aux questions, MacRae. Tu arrives ici, avec des papiers qu'un marchand d'herbes t'a donnés, et tu veux qu'on fasse confiance à un ancien limier des Anglais ?
Des murmures s'élevèrent. Callum sentit le poids des regards. Il chercha Eilidh parmi la foule — elle se tenait à la lisière, le visage tendu, les bras croisés sur son manteau mouillé.
— Écoute-moi, Rab. Ces officiers contrôlent les routes entre Inverness et Perth. Si on leur propose une paix — pas une reddition, une paix — on peut obtenir ce qu'on veut sans une seule bataille de plus.
— Une paix ? Rab ricana. — Tu veux qu'on négocie avec l'ennemi qui pend nos hommes sur les arbres ?
— Je veux qu'on soit intelligents. La rébellion est à genoux. Combien d'hommes te reste-t-il ? Soixante ? Quatre-vingts ? Thorne en commande deux mille.
— Nous avons la montagne.
— La montagne ne te nourrira pas quand l'hiver viendra. La montagne ne te protégera pas si Thorne décide de brûler chaque village de la vallée. La paix est notre seule issue.
Un homme cracha au sol. Un autre serra son fusil plus fort.
— Il parle comme un Anglais, grogna Leith, un grand rouquin avec une cicatrice sur la joue.
Eilidh s'avança enfin.
— Il parle comme un homme qui a perdu son frère pour nous apporter cette liste.
Rab se retourna vers elle, surpris.
— Eilidh, tu défends ce traître ?
— Je défends la possibilité qu'il ait raison.
La foule se scinda en deux. Des voix s'élevèrent, d'abord contenues, puis plus violentes. Callum vit les mains glisser vers les coutelas.
Tanneguy, un vieux chasseur grisonnant, prit le papier que Callum tenait toujours. Il le lut en silence, hocha la tête lentement.
— Je reconnais ces noms. Millbank, de la garnison de Stirling. On m'a dit qu'il a fait libérer deux de nos hommes l'an dernier. Et Forbes — le colonel Forbes, d'Aberdeen — il a versé une pension à la veuve de mon cousin.
Rab pivota vers lui.
— Tu écoutes les rumeurs, maintenant, Tanneguy ?
— J'écoute un homme qui me dit peut-être la vérité.
La tension montait. Quelqu'un poussa quelqu'un d'autre près du feu. Callum posa la main sur la liste, la replia, la remit dans sa veste.
— Je peux aller les rencontrer, dit-il. Seul. Si c'est un piège, tu ne perds personne.
Rab le dévisagea longtemps. Puis il hocha la tête lentement, un sourire amer aux lèvres.
— Tu as raison, MacRae. Je ne perds personne. Parce que tu ne vas nulle part.
Il fit un signe. Deux hommes s'approchèrent de Callum.
— Tu repartiras d'où tu es venu. Et si tu reviens, je te fais pendre à l'arbre le plus haut de cette vallée.
— Rab, dit Eilidh, c'est une erreur.
— Ma décision est prise. S'il reste après la tombée de la nuit, c'est un espion, et on le traite comme tel.
Callum ne bougea pas. Il regarda Rab, puis Eilidh, puis les visages fermés des rebelles autour du feu. Il entendit le craquement d'une branche dans les bois au-delà du camp, tout près, et pensa au vent. Puis il pensa aux batailles, aux hommes morts, à Duncan qui avait fermé les yeux sous un chêne.
— Je repars, dit-il. Mais je reviendrai avec une réponse.
Il se tourna. Avant qu'il ne fasse deux pas, le coup de feu retentit.
Le bruit fendit l'air clair comme une pierre qui brise une vitre. Rab tressaillit, un trou rouge s'ouvrant au centre de son front, et s'effondra dans la boue sans un bruit. Le camp explosa en cris. Eilidh cria. Quelqu'un tira dans les bois — un éclair venant des arbres, à la limite est. Callum plongea derrière un rocher, la main sur sa dague.
Autour de lui, les hommes vociféraient, cherchaient leurs fusils, regardaient le corps de Rab immobile dans la pluie reprise. Un doigt s'éleva. Il pointait Callum.
— Le tireur vient des lignes anglaises, hurla Leith. Et lui, il venait d'arriver.
Les fusils se levèrent. Les visages se fermèrent. Callum demeura accroupi dans la boue, éclaboussé de pluie et de sang, seul.
Eilidh le regarda, blessée, indécise.
Le camp retint son souffle.
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