Le Serment du Chasseur
Lire le chapitre 28: The Rebel Fire
La salle sentait la fumée, la sueur et la colère. Callum se tenait debout au centre du cercle formé par les rebelles, les braises du foyer éclairant les visages durcis. Le silence qui avait suivi la lecture de la liste de Duncan pesait encore, mais quelque chose avait changé. Les regards n'étaient plus chargés de soupçon — ils étaient chargés d'espoir.
« Nous avons les noms, dit Callum, la voix grave. Les officiers britanniques qui préféreraient voir un roi Stuart sur le trône plutôt que ce Hanovrien de malheur. Et nous avons le moyen d'entrer dans la prison d'Inverness. »
Il sortit de sa poche l'anneau du laird que la fille du factor lui avait glissé une heure plus tôt, le métal froid pesant dans sa paume. Le cercle des visages s'éclaircit quand il leva la bague à la lumière.
« L'anneau du laird MacLeod, souffla Dougal, un vieux braconnier aux mains noueuses. Les gardes reconnaîtront le sceau. Ils ouvriront les portes pour un homme qui porte cette bague. »
Callum hocha la tête. « Le laird est condamné à mourir dans deux jours. Ses hommes, les prisonniers politiques détenus à la citadelle, seront exécutés avec lui. Si nous voulons les sauver, c'est maintenant ou jamais. »
Angus MacNab, l'homme qui quelques heures plus tôt exigeait la corde pour Callum, s'avança d'un pas. Sa mâchoire serrée dessinait des angles durs sous sa barbe grise. « Nous avons besoin de plus que d'une bague, MacRae. Pour prendre la citadelle, il faut des armes. Et des armes, ça veut dire de la poudre. Nous n'en avons que pour dix fusils. »
Un murmure parcourut l'assemblée. Dix fusils. C'était une condamnation à mort déguisée en plan d'évasion.
Callum avait vu les visages des hommes autour de lui — des fermiers, des bergers, des fils de clans dépossédés par les clearances. Ils n'avaient pas l'entraînement des soldats britanniques, mais ils avaient la fureur. La fureur ne remplit pas un barillet.
« Il y a une colonne de ravitaillement qui doit passer la vallée demain à l'aube, dit-il. Des caisses de poudre, de plomb, de fusils pour la garnison d'Inverness. Trente hommes d'escorte, peut-être quarante. »
Dougal siffla entre ses dents. « Attaquer une colonne de l'armée avec dix fusils ? Autant se pendre soi-même et gagner du temps. »
« Pas tous. » Callum posa les deux mains sur la table grossière, les planches encore humides de la pluie de la nuit. « Un petit groupe peut les prendre par surprise. Un embuscade bien placée vaut mieux qu'une charge. On connaît le terrain, eux pas. »
Le silence s'étira. Angus croisa les bras, ses yeux noirs fouillant le visage de Callum avec une intensité qui aurait fait reculer un homme moins résolu.
« Pourquoi tu ferais ça, MacRae ? Pourquoi risquer ta peau pour notre poudre ? »
La question le frappa comme un coup de poing. Ces hommes l'avaient détenu, accusé de trahison. Et maintenant on lui demandait de prouver sa loyauté jusqu'au sang.
« Parce que mon frère est mort en me disant la vérité, dit Callum, la voix éraflée par le souvenir de Duncan dans la caverne, les mains froides et le regard déjà vitreux. Parce que j'ai juré sur sa tombe de porter cette liste jusqu'aux rebelles. Et parce que le laird MacLeod — » il marqua une pause, sentant le poids de l'attente « — est le dernier homme capable de rassembler les clans sans que cela finisse dans le sang. »
Un vieux souvenir traversa son esprit : son père, une nuit d'hiver, lui montrant comment poser un collet sans laisser de trace. « Un chasseur ne choisit pas sa proie, mon garçon. Il choisit son moment. » Le moment était venu.
Eilidh se tenait près de la porte, le bras en écharpe, son visage pâle mais ses yeux brillants de fièvre et de détermination. Elle parla dans le silence. « Je connais la route que prennent les colonnes. Il y a un passage entre deux collines, près du moulin abandonné de Brodie. Les chariots doivent ralentir pour négocier le virage. »
Callum la regarda, surpris par la précision de ses informations. Elle soutint son regard sans ciller.
« J'y ai mené des troupeaux, dit-elle simplement. Avant que les soldats ne brûlent ma ferme. »
Angus grogna. « Un passage étroit. On peut les bloquer devant et derrière. Mais il faut des hommes qui savent se battre. »
« J'en prendrai quatre, dit Callum. Dougal, deux bons tireurs, et moi. Les autres resteront ici pour préparer la suite. »
« Quatre hommes contre trente soldats ? » Angus secoua la tête avec un rire amer. « Tu es fou, MacRae. »
« Non. Je suis un chasseur. » Callum se retourna vers Dougal. « Tu as déjà tendu un piège à cerfs ? »
Le vieux braconnier esquissa le premier sourire que Callum lui voyait. « J'ai attrapé plus de gibier que tu n'en as vu dans ta vie, mon garçon. »
« Alors tu sais comment faire en sorte qu'une colonne entière s'arrête au bon endroit. »
Une heure plus tard, dans le froid humide qui précédait l'aube, Callum regarda les quatre hommes rassemblés autour de lui. Dougal, deux jeunes frères — Hamish et Peter MacTavish — chasseurs aguerris, et enfin Ross, un ancien soldat qui s'était battu à Culloden et n'en parlait jamais.
Cinq hommes. Cinq fusils. Les poches nouées d'une douzaine de charges de poudre chacun, pas plus.
Eilidh s'approcha de Callum pendant que les autres vérifiaient leurs armes. La fièvre rougissait ses pommettes, mais sa voix était ferme. « Tu n'as pas dit à Angus que Thorne avait renforcé les grilles de la prison. Tu n'as pas dit que le tunnel était compromis. »
« Non. » Callum baissa la voix. « Ces hommes ont besoin de croire que ce plan peut marcher. La vérité ne ferait que semer la peur. »
« Et si tu échoues ? »
Il détourna le regard vers l'horizon gris qui commençait à pâlir. « Alors le laird meurt, et les noms de la liste rejoignent Duncan dans la terre. »
« Tu as besoin de la poudre pour le tunnel de Brodie, dit-elle doucement. Pas pour la citadelle. C'est le tunnel qui sauvera le laird. »
Callum la regarda, surpris. Il n'avait pas dit cela à voix haute. Pas même à Angus.
« Ton frère Duncan avait confiance en toi, murmura-t-elle, comme si elle lisait dans ses pensées. Il me l'a dit avant que tu partes pour Inverness. Que tu étais le seul homme assez fou pour croire que les montagnes pouvaient tomber si on les poussait assez fort. »
Il ne répondit pas. Le souvenir de Duncan était encore trop vif, trop sanglant. Il s'éloigna et rejoignit ses hommes, ajustant la corde sur son épaule.
« On y va, dit-il. Au moulin de Brodie. On tend le piège avant que le soleil ne soit trop haut. »
À mesure qu'ils avançaient dans la bruyère humide, Callum sentit la vieille familiarité revenir. La fraîcheur de l'air avant l'aube, le bruit sourd de ses pas sur le sol tourbeux, le poids du fusil dans ses mains. Il était dans son élément — la chasse. Mais cette fois, la proie était un convoi militaire chargé de poudre, et ce qu'il ramènerait ne nourrirait pas un clan. Cela le libérerait — ou le tuerait.
Quand ils atteignirent la crête au-dessus du moulin, le soleil perçait à peine l'horizon, jetant de longues ombres dans la vallée. Callum s'accroupit, le regard scrutant le chemin qui serpentait entre les collines.
Dougal s'agenouilla à côté de lui, ses yeux plissés suivant la ligne de la route. « Les chariots seront là dans une heure, si l'horaire tient. »
Callum hocha la tête, mais un détail attira soudain son attention. Deux cavaliers remontaient la route au loin, vêtus de manteaux sombres. Trop rapides pour être des éclaireurs de la colonne.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? murmura-t-il. Ils ne sont pas en uniforme. »
Ross plissa les yeux, puis son visage se durcit. « Des collecteurs. La milice des fermiers. Ils renseignent l'armée sur les mouvements dans les collines. »
Le réseau d'informateurs. L'inconnu que les rebelles n'avaient pas identifié. Ils étaient juste là, devant eux, remontant la vallée à la lumière du jour.
Callum regarda les deux hommes, puis les cinq fusils à ses côtés. S'ils les laissaient passer, la colonne serait prévenue. S'ils les tuaient, les soldats trouveraient les corps et redoubleraient de prudence.
Le piège se refermait avant même d'avoir été tendu.
Continuer gratuitement
Débloquer ce chapitre
Regardez une courte publicité pour débloquer ce chapitre.
Aucun paiement requis.