Le Serment du Chasseur
Lire le chapitre 37: The Highland Flight
La pluie cessa comme ils atteignaient le premier escarpement, comme si les cieux eux-mêmes retenaient leur souffle. Callum sentit le sang sécher sur sa joue, là où une balle anglaise avait effleuré son crâne une heure plus tôt. Autour de lui, neuf hommes étaient tombés pour permettre à trois cents de fuir. Il en restait sept, à présent, dont Fearchar, qui marchait en boitant, sa claymore maculée de rouge et de boue.
« Ils ne suivent plus, » souffla Fearchar, jetant un regard par-dessus son épaule vers le rideau de brume qui masquait la plaine de Culloden.
Callum ne répondit pas. Il écoutait. Le vent du nord apportait des sons lointains — des tambours, des ordres criés en anglais, et le gémissement des blessés. Cumberland ne renoncerait pas. Pas après l'affront. Pas après avoir vu son piège se refermer sur une armée fantôme.
« Ils suivront. Pas maintenant, mais bientôt. Il nous faut gagner le nord avant la nuit noire. »
Ils marchèrent en silence pendant des heures, longeant les crêtes, évitant les routes et les villages. Le paysage se transformait graduellement — les champs labourés laissaient place à des landes sauvages, hérissées de bruyère et de pierres moussues. Callum connaissait chaque repli de cette terre. Son père le lui avait appris, entre deux chasses, en lui montrant comment lire une vallée comme on lit un visage.
C'est là qu'ils les trouvèrent, à la tombée du soir : Eilidh, Annabel, et le reste de leur monde diminué.
Le camp de fortune était installé dans un bosquet de bouleaux, à l'abri d'un affleurement granitique. Des feux minuscules — pas assez grands pour trahir leur position, assez grands pour chasser la mort qui s'accrochait aux vêtements trempés. Callum compta les ombres sans en avoir l'air. Deux centaines. Peut-être moins. Le quart de ce qui était parti de Glenfinnan, un an plus tôt, avec des chansons et des étendards.
Eilidh se leva quand elle le vit. Son visage était creusé, mais ses yeux brillaient d'une lumière qui n'avait pas faibli.
« Tu es vivant. »
« Je l'avais promis. »
Elle s'approcha, et il vit qu'elle tremblait. Avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, elle posa sa main sur sa joue ensanglantée, puis la retira comme si elle s'était brûlée.
« Le sang est sec, » dit-elle. « Tu es blessé depuis longtemps. »
« J'ai eu de la chance. Les autres… »
Elle secoua la tête. « Ne dis pas cela maintenant. Il y aura du temps pour pleurer. »
Annabel sortit de l'ombre, un enfant dans les bras — certainement pas le sien, car leur fille était trop jeune pour marcher. Elle tenait le fils de Mairi, la veuve morte sur le champ de bataille au troisième assaut. La femme était calme, trop calme. Callum la connaissait assez pour savoir que cette sérénité cacherait une tempête, plus tard, quand la survie ne serait plus la seule préoccupation.
« Où sont les autres ? » demanda Annabel, d'une voix douce qui ne trompait personne.
« Ceux qui ont pu fuir fuient encore. Nous étions neuf pour les retenir. Les dragons les ont contournés par le marais. » Il ferma les yeux, chassant des images qu'il ne voulait pas revoir — Alexander l'Écossais, qui avait chargé une ligne de mousquets en chantant un psaume ; le vieux Tormod, transpercé alors qu'il protégeait un garçon de seize ans qui n'avait pas voulu s'appeler un homme. « Les chances étaient mauvaises dès le début. »
« Et pourtant tu es là, » dit Annabel. « Encore une fois. »
Callum croisa son regard et y lut quelque chose qu'il ne savait pas nommer. Du courage, du chagrin, un compte qu'elle tenait peut-être. Il détourna les yeux.
La nuit se passa en préparatifs silencieux. Il consulta les cartes qu'il portait — pas des cartes officielles, mais le relief de mémoire que son père avait gravé dans sa tête. Il trouva ce qu'il cherchait : une vallée étroite, encaissée entre deux montagnes que les Anglais appelaient par des noms qui n'avaient aucune résonance pour eux. Les gens du pays l'appelaient Coire Sgàthach — le Corrie de l'Ombre.
« Nous ne pouvons pas y aller, » murmura Angus, qui avait émergé de l'ombre des arbres pour rejoindre leur cercle. Sa fierté semblait brisée, mais il tenait sa targe comme un bouclier même dans la discussion. « C'est un cul-de-sac. Si les dragons nous y trouvent… »
« Ils ne nous y trouveront pas, » coupa Callum. « Personne ne connaît l'entrée. C'est un goulet, puis un éperon rocheux. À moins de savoir exactement où tourner, on finit dans un ravin sans fond. Mon grand-père y a caché du bétail pendant les razzias de 1715. »
« Et les provisions ? »
« Il y a un abri, suffisamment pour l'hiver si on rationne. Et une source. Nous pourrons y rester jusqu'au printemps, si nécessaire. »
Angus considéra cela, puis hocha lentement la tête. C'était la première fois qu'il écoutait Callum sans discuter. La bataille l'avait changé, ou peut-être était-ce la vue de ses amis tombés. Peu importait la raison — pour le moment, ils n'avaient besoin que d'un bouclier, pas d'un rival.
Ils partirent avant l'aube, trois cents fantômes effaçant leurs traces dans les ruisseaux et les champs caillouteux. Callum marchait en tête, sa conscience tendue comme une corde de arc. Les enfants pleuraient en silence dans les bras de leurs mères. Les hommes portaient les blessés sur des civières tressées de branches. La pluie revint, et elle devint leur alliée — un rideau mouvant qui noya leurs odeurs et effaça leurs empreintes.
À midi, ils atteignirent le goulet.
Il vit Eilidh ralentir quand ils s'enfoncèrent entre les parois abruptes. La lumière se fit rare, le monde sembla se rétrécir. Mais lorsqu'ils passèrent l'éperon rocheux qui aurait trompé n'importe quel étranger, la vallée s'ouvrit devant eux comme un secret bien gardé.
Elle était plus belle que Callum ne s'en souvenait. Des pentes douces couvertes de genêts, un loch minuscule au visage d'argent, et sur l'autre rive, des ruines de pierre — les restes d'un village que son arrière-grand-père avait construit, et que ses habitants avaient quitté quand la cloche de l'éviction avait sonné, une génération plus tôt. Quelques toits demeuraient intacts. Des murs de torchis défiaient encore le temps.
« C'est ici, » dit-il, entendant sa propre voix résonner étrangement dans cet espace qu'il n'avait jamais montré à personne, pas même à ses frères d'armes, pas même à Eilidh. « C'est notre refuge. »
Elle s'arrêta près de lui, tandis qu'à sa suite, les survivants commençaient à se répandre dans la vallée, à chercher des abris, à s'asseoir enfin — les épaules tombantes, les têtes basses, mais vivants.
« Tu as gardé cela secret, » dit-elle. C'était une question non posée et une accusation douce en même temps.
« Si les choses tournaient mal. Si jamais… »
Il n'avait pas besoin de finir. Elle comprenait. C'était le lieu où les MacRae allaient quand le monde entier leur était hostile. Le sanctuaire ultime — honteux et fier à la fois, car on n'y venait que lorsqu'on avait tout perdu.
« Combien de temps pouvons-nous rester ? »
Callum balaya du regard la vallée. Il compta la nourriture possible, la viande qu'il pourrait chasser, le bois qu'ils pourraient couper sans fumer trop visiblement. « Assez pour que nous soyons oubliés. Et d'ici là… » Il sortit de sa veste le parchemin cabossé, le pardon qu'il avait envoyé au Duc, que MacKinnon lui avait rendu. « Ceci a encore de la valeur. Quand la colère de Cumberland se sera apaisée, quand Londres demandera des comptes pour son obstination — une amnistie signée peut encore sauver des têtes. »
Eilidh prit le parchemin, le déplia avec des mains qui tremblaient légèrement. Ses yeux parcoururent les lignes, et quelque chose s'adoucit dans son visage.
« Tu avais raison, » murmura-t-elle. « Ce n'était pas un acte de folie. C'était une graine plantée dans l'espoir. »
« Une graine qui n'a pas fleuri cet hiver. »
— Cet hiver, peut-être pas. » Elle lui rendit le document, et leurs doigts se frôlèrent. « Mais le printemps viendra. Il faut seulement que quelqu'un soit là pour le voir arriver. »
Callum resta immobile un long moment, le parchemin serré contre sa poitrine, regardant les âmes qu'il avait menées ici — des femmes qui avaient perdu leurs maris, des enfants qui avaient perdu leurs pères, des hommes dont les rêves avaient péri dans les tourbières de Culloden. La guerre était finie. La défaite était absolue. Mais au cœur de cette vallée cachée, dans la douce lumière grise d'un après-midi de pluie, quelque chose demeurait.
Fearchar s'approcha en boitant, appuyé sur son épée, et s'arrêta à côté de lui.
« C'est un bel endroit pour enterrer une guerre, » dit-il.
Callum hocha lentement la tête. Il regarda une dernière fois vers le goulet par lequel ils étaient venus — vers le monde où Cumberland régnait, où son frère Duncan pourrissait dans une terre anonyme, où le véritable Robert demeurait introuvable et où un imposteur rôdait encore. Mais ce monde semblait loin, maintenant. Distant comme un rêve dont on se réveille.
« Pas pour enterrer », dit-il enfin. « Pour semer. »
Il plia le pardon avec soin et le rangea. Puis il commença à marcher vers les ruines, là où son clan l'attendait, là où la vie — humble, patiente, entêtée — reprendrait ses droits, comme elle l'avait toujours fait dans cette terre d'ombre et de pierre.
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