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Le Serment du Chasseur

Lire le chapitre 4: The Messenger's Fate

Les mouches bourdonnaient autour des carcasses de moutons que les soldats avaient abattues pour le plaisir, trois jours plus tôt. Callum les contourna sans les voir, les yeux fixés sur la silhouette qui l'attendait devant la tente du commandement.

Thorne tenait une enveloppe scellée entre deux doigts gantés, comme on tient un insecte que l'on s'apprête à écraser.

« Vous m'avez fait perdre trois jours dans des bruyères mortes, MacRae. » Le capitaine parlait sans colère, ce qui était pire. « Trois jours pendant lesquels votre frère a eu tout le loisir de contempler la corde que nous lui avons préparée. »

Callum ne répondit pas. Il regarda l'enveloppe.

« Je vous offre une chance de racheter votre incompétence. » Thorne la lui tendit. « Une offre d'amnistie pour le Faucon. S'il se rend, lui et ses hommes auront la vie sauve. Ils seront transportés en Amérique plutôt que pendus. »

« Vous voulez que je livre ce message. »

« Je veux que vous le lui remettiez en main propre. C'est la seule preuve que je vous fais confiance. » Les yeux gris de Thorne étaient aussi plats que le loch par temps calme. « Et si vous ne revenez pas avec sa réponse, votre frère sera pendu à l'aube. Pas dans une semaine. Demain. »

Callum prit l'enveloppe. Le papier était épais, presque luxueux. Il sentit sous son pouce le relief d'un sceau qu'il ne connaissait pas.

« La frontière des terres hautes, au nord du col de Corrieyairack. Vous y trouverez quelqu'un qui connaît le chemin. » Thorne se retourna vers sa tente. « Ne me décevez pas, MacRae. Vous commencez à devenir intéressant. »

Callum marcha jusqu'au bout du camp avant d'ouvrir la lettre. Les phrases étaient courtes, précises, rédigées dans un français impeccable. Thorne offrait l'amnistie, la vie sauve, un passage vers les colonies. Il demandait en échange la reddition complète et le nom des autres chefs de la rébellion.

Et en bas de page, presque en post-scriptum : *Votre messager, Duncan MacRae, est toujours en vie. Nous pouvons négocier son sort séparément, si cela peut faciliter votre décision.*

Callum relut la phrase trois fois. Thorne savait que le Faucon connaissait Duncan. Thorne utilisait Duncan comme monnaie d'échange dans les deux directions. Cette lettre n'était pas une offre de paix – c'était une partie d'échecs dont Callum ne voyait qu'une partie des pièces.

Il plia la lettre dans sa veste et se mit en route.

Les moors s'étendaient à perte de vue, couleur de rouille et de cendre. Il marcha une heure, deux heures, suivant le sentier que son père lui avait enseigné avant de mourir – celui qui longeait les crêtes plutôt que les vallées, celui qui permettait de voir venir avant d'être vu.

C'est ce qui lui sauva la vie.

Il les repéra à un demi-mille : cinq hommes qui se déplaçaient en formation d'embuscade, trop disciplinés pour des voleurs de bétail, trop furtifs pour des soldats. Ils l'avaient vu en même temps que lui. Un homme en tête leva un fusil.

Callum plongea derrière un affleurement rocheux au moment où la balle siffla au-dessus de sa tête. Il roula, tira son coutelas, et se retrouva avec une femme plantée devant lui, un pistolet à deux coups braqué entre ses yeux.

« Tu es le traqueur du capitaine. » Elle était jeune, les cheveux noirs tressés serrés contre le crâne, une cicatrice blanche courant de sa tempe à sa mâchoire. « On m'a dit que tu étais meilleur que ça. »

« Eilidh. »

Elle cligna des yeux, une fraction de seconde. « Comment connais-tu mon nom ? »

« Duncan me l'a dit. » Callum respirait lentement, le regard fixé sur le canon. « Dans sa cellule. Avant qu'ils ne le transfèrent. »

Les hommes d'Eilidh s'étaient déployés en demi-cercle derrière elle, fusils levés. Elle fit un geste – ils baissèrent leurs armes, sans les ranger.

« Parle vite. Le Faucon veut savoir ce que les rouges ont fait de notre messager. »

Callum hésita. Il était venu avec une lettre d'amnistie, pas avec la vérité. Mais si Thorne utilisait tout le monde comme des pions, la vérité était peut-être la seule arme qui lui restait.

« Que vous a-t-il dit ? » demanda-t-il.

« Que Duncan avait été pris. » Elle cracha par terre. « Et que nous avons un traître parmi nous qui l'a vendu. Je pensais que c'était toi. »

« Ce n'est pas moi. »

« Preuve ? »

Callum retira la lettre de sa veste et la lui tendit. Elle la lut rapidement, les yeux courant sur le papier français, puis son visage se durcit.

« L'amnistie. Le Faucon connaît ce jeu. »

« Et voilà ce qu'il ne connaît pas. » Callum lui montra le post-scriptum. « Thorne négocie avec votre chef. Duncan n'est qu'une monnaie d'échange. S'il ne vous a pas écrit, c'est qu'il vous manipule autant qu'il me manipule. »

Eilidh relut le passage, deux fois. Ses doigts serrèrent le papier.

« Tu viens avec nous. Le Faucon doit voir ça. »

Callum regarda les hommes qui l'entouraient. Cinq fusils. Il pouvait les prendre de vitesse, peut-être, mais il y avait la femme et son pistolet, et derrière elle, les moors qui s'étendaient jusqu'au camp où Duncan attendait son exécution à l'aube.

« Si je ne reviens pas avant la nuit, mon frère meurt. »

« Ton frère meurt de toute façon si tu continues à servir Thorne. » Elle rangea son pistolet dans sa ceinture. « Mais je te laisse partir. Pars, retourne à ton capitaine, livre-lui son message. Et dis-toi que tu as choisi ton camp. »

Elle fit signe à ses hommes. Ils commencèrent à reculer vers la crête, se fondant dans les rochers.

« Eilidh. »

Elle s'arrêta.

« Duncan est innocent. »

Elle le regarda un long moment, et quelque chose dans ses yeux se fissura – une douleur qu'il reconnut, parce qu'elle lui faisait écho.

« Ils le disent tous, » répondit-elle. Puis elle tourna les talons et disparut derrière l'affleurement.

Callum resta seul sur la bruyère, la lettre d'amnistie froissée dans sa main. Le vent sentait la tourbe et l'orage. À l'horizon, le soleil commençait à décliner vers le camp où Thorne attendait son retour.

Il venait de laisser partir les hommes que la couronne lui avait ordonné de traquer. Il avait révélé la lettre à leur chef. Et pour la première fois depuis son serment, il savait exactement pourquoi il l'avait fait.

Duncan n'était pas le seul MacRae capable de trahir.