L'Échange du Tunnel
Lire le chapitre 31: The Cufflink's Secret
Le bruit des pas de Remi résonna sur le béton du bay de maintenance. Mercer se retourna, Camille déjà en position derrière une caisse métallique, son pistolet braqué sur l’entrée. Mais Remi entra seul, les mains levées, un sourire aussi tranchant qu’une lame.
— Mercer. Nous avons perdu assez de temps, lança-t-il.
Il s’arrêta à dix mètres, hors de portée d’une prise immédiate. Derrière lui, la silhouette de Sokolov se découpait dans l’embrasure, un bras passé autour du cou de Vernet. La scientifique avait le visage pâle, une estafilade au-dessus de la pommette, mais ses yeux restaient vifs.
— Vous avez le dossier, dit Remi. Je veux le bracelet.
Mercer fronça les sourcils. Le bracelet. Il avait oublié, une seconde, que le mot de passe pour la négociation avait changé. Il avait promis de récupérer le dossier, pas de le livrer. Mais Remi ne parlait pas de ça.
— Le bracelet, répéta Camille à voix basse, presque pour elle-même.
Mercer glissa la main dans sa poche intérieure. Ses doigts trouvèrent le petit écrin de velours, celui qu’il avait subtilisé des heures plus tôt dans la chambre de Delambre, celui qui contenait le bouton de manchette de son mentor. Il l’avait presque oublié, perdu au milieu du chaos. Il le sortit, le fit tourner entre ses doigts.
— Celui-ci ? demanda-t-il.
Remi acquiesça lentement. Une lueur de convoitise mal dissimulée traversa son regard.
— Delambre l’a volé à Fournier. Vous l’avez volé à Delambre. Une chaîne de méfiance admirablement ironique.
Mercer examina le bouton de manchette sous la lumière crue des néons. Du métal apparent, un ciselage d’argent. Quelque chose avait attiré son attention plus tôt, une gravure trop fine pour être purement décorative. Il avait supposé un code d’accès. Il comprit à cet instant que c’était plus que ça.
— Et dedans ? demanda-t-il, sans quitter Remi des yeux.
— Un code, un lieu, une formule. La formule, Mercer. Celle qui neutralise la toxine que ce crétin de Vernet a développée pour nous.
Il jeta un coup d’œil en direction de Sokolov, un mépris à peine voilé. Sokolov ne broncha pas.
— Le bouton de manchette contient une micro-gravure optique, continua Remi. Vous ne pouvez pas la lire sans un microscope capable d’en résoudre la diffraction. Mais je peux. Et le dossier que vous avez promis de récupérer n’est pas un dossier — c’est l’antidote. Le seul moyen de sauver les personnes dans ce train, et peut-être vous-même, si vous respirez ce que nous avons préparé.
Mercer sentit le poids de la phrase. Le bracelet n’était pas une relique sentimentale de son mentor fourvoyé. C’était une clé. Une clé vers un vaccin. Et il l’avait transporté sans savoir ce qu’il portait, sinon le chagrin.
Il jeta un regard à Camille. Elle avait compris, elle aussi. La neutralisation, pensa-t-elle — Vernet a dit qu’elle était dans une maison à Neuilly, accessible seulement par elle. Mais la formule, ici, sur le métal froid entre ses doigts… c’était autre chose.
— Vous voulez la formule, dit Mercer. Et vous retenez Vernet. Vous retenez Fournier.
Remi inclina la tête, comme un professeur attendant une réponse évidente d’un élève lent.
— Je veux la formule et le dossier. Vous voulez la scientifique. Fournier, vous le voulez déjà mort — ne me prenez pas pour plus imbécile que je ne le parais.
Mercer tendit la main, le bracelet entre son pouce et son index.
— Libérez Vernet. Elle monte sur ce train avec nous, indemne. Vous aurez la formule, et vous aurez le dossier quand nous aurons vérifié qu’elle est en un seul morceau.
Remi fit un pas en avant. Sokolov resserra sa prise sur Vernet, mais Remi leva la main, un geste d’apaisement.
— Marché conclu. Mais vous n’avez pas le dossier, Mercer. Vous l’avez promis, vous ne l’avez pas livré.
— Je l’aurai.
— Vous n’avez plus de temps. Le train part à minuit, et la toxine s’activera dans son système de ventilation climatique dans moins de dix minutes. À moins que vous ne négociiez mieux.
Camille avança d’un pas.
— Il vous suffit de libérer Vernet, dit-elle. Nous vous donnons la formule. Puis nous irons chercher le dossier, et nous vous le remettrons contre la vie de Fournier.
Remi la considéra, puis reporta son attention sur Mercer.
— Vous avez une heure pour livrer le dossier, depuis le moment où je libère Vernet. Après, le bouton de manchette ne vous aura servi à rien — vous respirerez ce que vous vouliez empêcher. Et vous mourrez, sans Fournier, sans rédemption.
Mercer sentit la gravité de la proposition. Il avait gagné une minute, mais il avait perdu du temps. Il regarda Vernet, qui hocha imperceptiblement la tête. Elle était prête.
— Je veux son intégrité physique, dit-il. Et je veux entendre sa voix sur le trajet.
Remi fit un geste. Sokolov libéra Vernet avec une brusquerie qui la fit trébucher. Elle avança vers Mercer, les épaules rentrées, mais le regard déterminé.
Mercer tendit le bouton de manchette à Remi. Le contact était froid, fugace. Remi l’attrapa, le fit disparaître dans sa poche sans l’examiner. Il sourit — un sourire de vainqueur.
— Parfait. Vous êtes libres de courir.
Camille prit Vernet par le bras, l’entraîna vers la sortie. Mercer les suivit en reculant, le pistolet de Remi braqué sur sa poitrine. Il atteignit la porte du bay, contint son souffle.
Ce fut alors qu’un haut-parleur grésilla au-dessus de leurs têtes. La voix de Remi, amplifiée par des décibels d’acier :
— Ah, Mercer. Une dernière chose. Je n’ai jamais eu l’intention de libérer qui que ce soit. Le bouton de manchette contient la formule, oui — mais il contient aussi un code d’activation du système de climatisation du train. Je l’ai réglé pour qu’il libère la toxine dans l’air que vous respirerez dans les wagons, pas dans l’air ambiant du hall. Vous vouliez les sauver ? Vous venez de me donner la clé pour les tuer tous.
Le haut-parleur se tut. Mercer se retourna. Remi n’était plus là. La porte du bay claqua, un verrou électrique s’enclencha. Ils étaient enfermés, seuls, avec une scientifique et un compte à rebours invisible.
Merde. Il avait donné la clé au démon. Tout ça pour rien.
Camille le regarda, le visage fermé.
— J’avais dit que c’était un piège.
‹‹STATE›› summary: Mercer ironically offers Remi the cufflink he believed was Décor, discovering it contains the antidote formula, in exchange for Vernet’s release, but Remi double-crosses him by revealing the cufflink also carries the climate system activation code for the train’s toxin release, trapping them all in the maintenance bay. threads: - Mercer traded the cufflink containing the antidote formula AND the activation code, handing Remi the means to kill the train passengers, not just a cure - Mercer, Camille, and freed Dr. Vernet are locked in the maintenance bay with less than ten minutes before midnight toxin activation - Without the cufflink, Mercer has no leverage and no dossier, with Fournier’s status still unexplored - Remi’s true goal of mass poisoning aboard the train suggests his motive may align more with Sokolov than he let on, or a deeper play remains - Camille’s suspicion of a trap is confirmed, but her trust in Mercer is now genuinely fractured by his handoff of the activation code
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