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Les Fantômes du Santa Catalina

Lire le chapitre 6: The Second Dive

Le soleil était déjà bas quand Mack enclencha le régulateur. La mer avait pris cette teinte laiteuse qui précédait la nuit, et le pont de la *Sea Serpent* tanguait doucement, comme s'il respirait avec lui.

« Je redescends », lança-t-il à Pete, qui fumait adossé à la rambarde.

Pete haussa un sourcil. « Tu as déjà fait trois plongées aujourd'hui. Rosa a dit que la décompression allait te bouffer les os. »

Mack ajusta son masque. « Rosa n'est pas mon capitaine. »

Il bascula par-dessus le bastingage avant que Pete puisse répondre. L'eau l'avala dans un tourbillon de bulles.

La descente lui prit sept minutes. Il connaissait le chemin maintenant — le récif de corail mort, la pente abrupte de calcaire, puis la silhouette sombre de la *Santa Catalina* qui émergeait du noir comme une baleine endormie. Le trou circulaire dans sa coque le fixait, précis et parfait, comme si quelqu'un avait découpé la charpente avec un emporte-pièce géant.

Il passa par la brèche. L'intérieur de l'épave sentait le métal et le temps. Ses phares balayèrent la soute où il avait trouvé le premier doublon. La caisse était toujours là, fendue, ses planches éparpillées comme les os d'un animal dévoré.

Il palpa le coquillage dans sa poche — le premier doublon, qu'il avait laissé dans sa combinaison malgré la logique. La pièce était chaude contre sa cuisse.

Trente jours. Trente jours avant qu'Eduardo Reyes ne lui prenne tout.

Il tendit la main dans la caisse et saisit deux autres pièces. L'or était froid au début, presque gelé, comme s'il venait de l'eau la plus profonde. Puis, contre sa paume, elles se réchauffèrent rapidement jusqu'à devenir brûlantes.

Le souffle lui manqua. Il lâcha une des pièces, qui tournoya dans l'eau et plongea dans le sable sombre. Une voix, à peine perceptible, semblable à un chuchotement dans la nuit, s'éleva derrière lui.

*Toujours plus avide.*

Il se retourna. Rien. Juste l'obscurité et le mouvement lent des particules en suspension. Il récupéra la pièce tombée et sortit à la hâte, fendant l'eau de ses palmes.

La remontée fut trop rapide. Il le savait, je le sentais : la pression qui grignotait les épaules, le léger bourdonnement dans ses oreilles qui annonçait les problèmes. Mais il ne pouvait pas rester là-dessous un instant de plus.

Quand il creva la surface, le monde avait changé. Le soleil était tombé derrière l'horizon, et le ciel s'était teinté d'un violet sale. La *Sea Serpent* se balançait à cinquante mètres, ses feux de navigation allumés, et sur le pont, une silhouette se tenait immobile face à lui.

Un homme. Grand. Les bras le long du corps. Vêtu d'un long manteau sombre qui semblait ne pas bouger dans le vent.

Mack retira son détendeur, avalant une gorgée d'eau de mer dans sa surprise. Il toussait, battait des bras, son lest le tirait vers le bas.

La silhouette sur le pont ne bougea pas.

« Pete ! » cria-t-il, la voix cassée. « Pete ! »

Une forme surgit de la cahute — c'était Pete, silhouette trapue et familière. Il s'approcha de l'inconnu, lui parla. Puis il se tourna vers l'eau, vit Mack, et agita la main.

Mack nagea vers l'échelle de coupée, les deux pièces comme du charbon brûlant dans sa poche de poitrine. Il grimpa, ôta son masque, cracha l'eau salée.

Pete était seul au bastingage.

« T'as mis un sacré bout de temps, dis donc », fit Pete. « La surface est calme, mais je sentais pas bon cette eau. »

Mack regarda autour de lui. Le pont était désert — Abigail était en bas avec ses cartes, Rosa préparait le dîner. Pas de silhouette. Pas de manteau sombre.

Mais il l'avait vue. Il le jurait.

« Qui parlait avec toi ? » demanda-t-il.

Pete cligna des yeux. « Parlait ? Personne. J'étais en train de ranger les lignes. » Il gratta sa barbe. « Tu as vu quelque chose ? Le manque d'oxygène fait des trucs bizarres, chef. »

Mack ne répondit pas. Il franchit la porte de la cahute et, dans la faible lumière, faillit heurter Rosa, qui se retourna — et pendant une seconde — une seule seconde — son visage devint celui de Maria.

Le visage de sa sœur. Des années plus jeune, des années plus vivante, avec ce petit sourire en coin qu'elle avait quand elle le taquinait sur les quais du port de San Juan, avant qu'elle ne disparaisse dans ce hors-bord volé avec Jake, avant que plus personne ne les revoie.

Mack recula d'un pas. Sa main se referma sur le montant de la porte.

Abigail, assise à la table de la cahute avec ses cartes, leva la tête. « Marcus ? Vous êtes blanc comme un linge. »

Il cligna des yeux. Le visage de Rosa redevint celui de Rosa — les rides creusées, le regard perçant, les questions qui n'avaient pas besoin d'être posées.

« J'ai besoin d'air », dit-il.

Il ressortit sur le pont, s'appuya au bastingage, et respira. Pete était maintenant à l'avant, occupé à vérifier les feux. La mer était lisse, immense, indifférente.

Il sortit les deux doublons de sa combinaison. Dans la pénombre, ils luisaient d'une lueur ambrée, comme si une flamme intérieure les habitait. Le premier coin, celui de la veille, était posé dans la cahute, caché dans sa couchette. Ces deux-là, il les glissa dans une pochette de cuir qu'il attacha à son ceinturon.

Il les sentait. Non pas physiquement — mais dans sa tête, dans son ventre, comme une corde tendue vers le sud-est.

Vers l'île des Saints Perdus.

« Tu as encore pris quelque chose », fit la voix de Rosa derrière lui.

Il sursauta. Elle était sortie sans qu'il l'entende, s'appuyant au chambranle, bras croisés.

« Non. Je n'ai rien pris de plus. »

Elle le fixa longtemps. Puis elle tourna les talons et rentra.

Mack resta au bastingage jusqu'à ce que les étoiles prennent possession du ciel. Les deux doublons pesaient contre sa hanche. Trente jours — et il avait maintenant trois pièces. S'il pouvait en sortir quinze, vingt par jour, il pourrait rembourser Reyes, garder son bateau, repartir à zéro.

Et peut-être — peut-être — les visions cesseraient. La silhouette, le visage de sa sœur : un produit de la fatigue, de la pression, de l'eau sale. C'était ça. C'était forcé.

Il regarda l'obscurité qui avait englouti le site de l'épave. Quelque part, dans ce trou bleu, le trou circulaire dans la coque continuait de le regarder.

Il ferait deux autres plongées demain. Peut-être trois. Il avait besoin de plus de pièces — vite.

Derrière lui, dans la cahute, son ceinturon vibra doucement contre la paroi, et les trois doublons s'embrasèrent d'une lueur que nul ne vit.