L'Héritier Lié à la Lune
Lire le chapitre 12: The Caged Secret
La lune était presque pleine, assez pour éclairer le sentier de pierres grises qui menait à l'entrée de la grotte. Iona avait la seringue-tranquillisant dans la poche de sa veste, le poids de l'acier froid contre sa hanche. Elle était censée être vétérinaire, pas braconnière, pas espionne. Pourtant, elle avançait.
L'air de la caverne sentait le sel et la terre ancienne. Son front lampadaire balayait les parois — les griffures qu'elle avait vues plus tôt semblaient plus fraîches, plus profondes, comme si elles criaient vers elle depuis la roche. Au fond du passage, une lumière faible. Un bruit de chaîne.
Elle coupa la lampe et se déplaça dans la pénombre bleue. Son cœur frappait un rythme trop rapide, mais elle continua, guidée par une odeur de musc et d'iode, quelque chose d'animal, de blessé.
L'enclos était une cage creusée dans la montagne elle-même — barreaux forgés incrustés dans la pierre, arrachés puis ressoudés maintes fois. Une bête y gisait, flanc contre terre. Un loup énorme, plus grand que ceux qu'elle avait croisés dans les landes. Il respirait par à-coups, un œil mi-clos qui la suivit sans agressivité. Un collier de cuir épais encerclait son cou, orné d'un médaillon gravé : un arbre tordu pleurant vers un croissant de lune. Le blason des Blackwood.
Iona s'approcha, la seringue à moitié sortie. Le loup gémit — un son presque humain, désespéré. Elle vit ses pattes usées, les marques sur son museau où la bête avait dû se jeter contre les barreaux. Quelqu'un le maintenait ici depuis des mois. Quelqu'un qui portait le même blason.
« Ne bouge pas. »
La voix trancha l'air comme une lame. Lachlan se tenait à l'entrée, silhouette noire découpée contre la lumière de la lune. Il avait couru — sa veste était ouverte, son souffle rauque.
« Tu n'aurais pas dû venir ici, Iona. » Il fit deux pas en avant, mains ouvertes. « Pas après ce que j'ai dit. Pas après le message. »
« C'est ton frère, n'est-ce pas ? » Sa voix ne tremblait pas, même si ses doigts autour de la seringue oui. « Celui dont personne ne parle. Celui que tu caches. »
Lachlan s'arrêta net. Quelque chose passa dans ses yeux — une douleur brute, pas une colère. « Oui. »
Le loup gronda faiblement, tirant sur sa chaîne avant de retomber. Iona vit le poignet de Lachlan se crisper.
« Il ne peut pas contrôler la transformation, » dit-il, les mots arrachés. « Mon père a essayé. Mon grand-père aussi. On a fait tout ce qu'on pouvait pour protéger les autres de lui. Il est devenu un danger, même pour sa propre famille. »
« Alors pourquoi ne pas l'avoir tué ? »
Lachlan la regarda comme si elle avait parlé de tuer un enfant. « Parce qu'il est mon frère. Parce qu'à l'intérieur de cette bête, il reste un homme qui récitait de la poésie gaélique aux poneys du domaine. »
Iona avança encore d'un pas. « Je suis vétérinaire. Je peux l'aider à traverser les nuits, calmer ses crises avec des dosages sûrs. »
« Non. » Sa main attrapa son bras, la tira en arrière avec une force qu'elle n'avait pas anticipée. « Tu ne peux pas. Tu ne comprends pas ce que tu touches. »
Elle se dégagea. « Alors explique-moi. Explique-moi pourquoi ton frère est enchaîné sous la montagne comme un animal. »
Il ouvrit la bouche pour répondre, mais la bête derrière eux se souleva d'un coup, mâchoires ouvertes. Lachlan poussa Iona sur le côté, se plaçant entre elle et le loup, et dans la lutte brutale pour refermer la porte de l'enclos, le tissu de sa chemise se déchira du col jusqu'à l'omoplate.
Iona vit la peau sous la déchirure. Un tatouage, sombre sur le muscle pâle. Un arbre tordu. Un croissant de lune.
Le même symbole que le collier du loup. Le même symbole que les pages du journal dans le grenier. Le même symbole qui marquait les griffures sur les parois.
Elle recula jusqu'à ce que ses talons butent contre une pierre. La vérité se figeait en elle comme une rivière gelée.
« Vous êtes tous pareils, » murmura-t-elle.
Lachlan se retourna, le visage fermé devenu un masque. Il ne nia pas. Il tira sa chemise pour couvrir les marques, mais c'était trop tard.
« Je t'ai dit de rester à l'écart, » dit-il, et sa voix avait perdu toute chaleur. « Je t'ai dit que j'étais le danger. Tu as choisi d'ignorer. »
Il la prit par les épaules, sans violence, et la guida vers la sortie. Elle aurait pu résister, mais ses jambes ne lui obéissaient plus très bien. La lumière de la lune les enveloppa à l'entrée de la grotte, et il la lâcha comme si elle était contaminée.
« Va-t'en, » dit-il. « Retourne dans ton village. Retourne à tes chiens et tes chats. Oublie ce que tu as vu. »
Il la laissa sur le seuil et s'enfonça dans la nuit, silhouette d'homme qui se fondait déjà dans l'obscurité des collines. Iona resta seule, le tranquillisant toujours serré dans sa main, le froid du vent soulevant ses cheveux.
Elle savait. Elle savait tout. Les pactes, les arbres, le croissant de lune, le loup en cage qui portait son propre sang collé au cuir du collier.
Les Blackwood n'étaient pas des gardiens.
Ils étaient le secret lui-même.
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