Quand La Ville Retint Son Souffle
Lire le chapitre 13: — ANTOINE MALADE
Antoine ne réussit pas à quitter Lyon.
Le vol privé que son père tentait d’organiser fut annulé après l’avancement des restrictions. Pour la première fois de sa vie, l’argent ne trouva pas de solution assez vite.
Il se confina dans son appartement avec de la nourriture, du vin et un groupe de discussion où ses amis plaisantaient encore sur « la fin du monde ».
Trois jours plus tard, Léa Caron, la jeune femme de la photo d’hôtel, eut de la fièvre.
Puis deux invités de l’anniversaire.
Puis Antoine se réveilla au milieu de la nuit en grelottant.
Il ne dit rien à Claire.
Sa fierté tint jusqu’à ce qu’il commence à manquer d’air.
Lorsqu’il arriva à la consultation fièvre, seul, Claire vit son nom sur le dossier avant de le reconnaître derrière le masque.
Elle resta immobile une seconde.
Puis elle redevint médecin.
« Depuis combien de temps avez-vous de la fièvre ? »
Il la regarda, blessé par le vouvoiement.
« Cinq jours. »
« Toux ? »
« Quatre. »
« Essoufflement ? »
« Depuis hier. »
« Vous êtes venu seul ? »
Il eut un rire amer.
« Les copains ont arrêté de répondre quand je leur ai dit que j’étais malade. Mes parents sont à l’étranger. Je ne leur ai rien dit. »
Le scanner montrait des opacités bilatérales très évocatrices. Le premier prélèvement virologique était négatif.
« Ça n’exclut pas la maladie », expliqua Claire. « Le moment du prélèvement, la qualité de l’échantillon, plusieurs choses peuvent jouer. »
Antoine la fixa.
« Tu m’avais prévenu. »
Elle ne répondit pas.
« Pour la fête. »
« Je ne suis pas intéressée par le fait d’avoir raison. »
« Moi si. Parce que j’ai été idiot. »
« On reparlera de ton évolution morale quand ton taux d’oxygène remontera. »
Il rit faiblement.
Pour la première fois, Antoine comprit que le calme de Claire n’avait jamais été froideur.
C’était une forme de discipline.
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