Quand La Ville Retint Son Souffle
Lire le chapitre 14: — RENÉ
René Besson, le père d’Isabelle, mourut un mardi matin.
Il avait été intubé trois jours plus tôt.
Marc connaissait chaque résultat biologique. Il avait appelé les réanimateurs deux fois par jour. Il avait étudié les courbes comme si la médecine devenait plus puissante lorsqu’on regardait assez longtemps les chiffres.
Quand son confrère dit : « Je suis désolé », Marc resta silencieux.
Puis il s’assit dans le couloir.
Nadia le trouva là.
Son propre mari, Laurent, venait d’être transféré en réanimation.
Aucun des deux ne savait quelle catastrophe devait être consolée en premier.
Marc finit par dire : « Je dois l’annoncer à Isabelle moi-même. »
Il la joignit le soir.
« Comment va papa ? » demanda-t-elle.
Marc ne réussit pas à parler.
Elle comprit.
« Non. »
« Isabelle… »
« Non. »
« Il est mort ce matin. »
Elle cria presque immédiatement.
Pourquoi Saint-Joseph ? Pourquoi pas Saint-Augustin ? Pourquoi l’avait-il laissé être hospitalisé ? Pourquoi ne l’avait-il pas ramené chez lui ?
Marc encaissa.
Puis la colère d’Isabelle se retourna contre elle-même.
« C’est ma faute. Il avait mal à la poitrine après notre dispute. Je ne suis jamais là. Jamais. »
« Non. »
« J’ai choisi chaque mission. »
« Et il t’a aimée quand même. »
Elle pleura longtemps.
Marc ferma les yeux.
« J’aurais dû le protéger. »
« Tu n’as pas le droit de dire ça après m’avoir expliqué que ce n’était pas ma faute. »
Ils restèrent silencieux.
Puis Isabelle dit : « Je rentre. »
« La ville est fermée. »
« Le Service de santé des armées prépare un renfort. Je me porte volontaire. »
Marc voulut lui demander de ne pas venir.
Il dit seulement : « Alors rentre vivante. »
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